Tebboune et Meloni décident d’étendre la coopération ENI-Sonatrach à l’exploration offshore

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Le président Abdelmadjid Tebboune et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, à Alger le 25 mars 2026. (Présidence de la République)

C’est la deuxième fois en moins de trois ans que Giorgia Meloni pose ses valises à Alger. Sa première visite officielle à l’étranger en tant que présidente du Conseil, elle l’avait déjà faite ici, en janvier 2023. Mercredi 25 mars, rebelote, avec le même soin à le mentionner elle-même devant la presse, comme si la répétition du geste valait confirmation d’une doctrine.

«Un partenaire d’une importance stratégique capitale»

À l’issue de leurs entretiens, Abdelmadjid Tebboune et Giorgia Meloni ont tenu une déclaration conjointe à la presse. Le président algérien a souligné le « caractère stratégique » des relations bilatérales, en particulier dans le domaine de l’énergie, et réaffirmé « l’engagement de l’Algérie à honorer ses engagements en tant que partenaire fiable pour l’Italie et l’Europe ».

Meloni a, de son côté, estimé que les deux pays entretiennent désormais des liens « comme jamais auparavant », avant d’annoncer que ENI et Sonatrach allaient étendre leur coopération à l’exploration offshore. L’objectif, précise-t-elle, est de renforcer « à moyen et long terme » les flux gaziers depuis l’Algérie vers l’Italie via le gazoduc Transmed.

L’arrière-plan énergétique immédiat a fourni l’argument de fond. En 2025, l’Italie a acheminé quelque 20,1 milliards de mètres cubes de gaz algérien via le Transmed, soit environ 31 % de ses importations totales de gaz. La visite intervient dans un contexte de tension sur les approvisionnements mondiaux : la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz depuis le conflit américano-israélien contre l’Iran pèse sur les exportations qataries, dont Edison, filiale italienne du groupe EDF, dépend pour environ 10 % de ses approvisionnements. Rome s’est tournée vers Alger, comme elle l’avait fait après le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en février 2022.

«La coopération entre l’Italie et l’Algérie devient un modèle»

Au-delà du gaz, les deux dirigeants ont acté un élargissement du partenariat à des secteurs jusqu’ici secondaires dans la relation bilatérale. Tebboune a réaffirmé la volonté algérienne d’approfondir la coopération dans les technologies modernes, les startups, la formation, la recherche scientifique, les énergies renouvelables, l’hydrogène vert et la sécurité alimentaire.

Meloni a abondé dans le même sens, évoquant des projets d’infrastructures stratégiques capables de « relier les deux rives de la Méditerranée » en renforçant l’interconnexion énergétique, un dossier déjà porté par ENI dans le cadre du projet Medlink, l’interconnexion électrique sous-marine entre l’Algérie et l’Italie. Les deux parties ont également convenu d’accélérer la création d’une chambre de commerce algéro-italienne, proposée par Rome lors de la première visite de Meloni.

De 7 000 à 13 000 hectares ensemencés à Timimoun

Le volet agricole du plan Mattei a aussi été passé en revue. Tebboune a salué l’avancement du projet de production de céréales et de légumineuses dans la wilaya de Timimoun, ainsi que la création prochaine d’un centre d’excellence algéro-italien baptisé « Enrico Mattei » dédié à la formation, la recherche et l’innovation agricoles. Meloni a précisé que la campagne d’ensemencement passera en 2026 de 7 000 à 13 000 hectares mis en production, sur un total de plus de 36 000 hectares de terres sahariennes visés par l’initiative public-privé.

Sur le plan régional, les deux dirigeants ont affiché une convergence de vues sur plusieurs dossiers. Tebboune a appelé à mettre fin à l’escalade au Moyen-Orient et à privilégier les solutions diplomatiques, réitéré la condamnation algérienne des violations subies par le peuple palestinien à Gaza, et exprimé son inquiétude face à la situation au Sahel.

Sur la Libye, il a insisté sur la nécessité de solutions « garantissant l’unité du pays et la souveraineté de son peuple », renouvelant le soutien d’Alger à la mission des Nations unies. Sur la question du Sahara occidental, il a réaffirmé le soutien algérien à un règlement politique garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Jeudi, c’est le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, qui sera à son tour à Alger, dans la même course au gaz algérien.

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