Journée mondiale de l’eau : l’Algérie mise sur le dessalement pour couvrir 60% de ses besoins d’ici 2030

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La station de dessalement Cap Djinet 2 à Boumerdès, inaugurée en mars 2025. L'installation produit 300 000 mètres cubes d'eau potable par jour. ©Ministère de l'énergie

Depuis mars 2025, une nouvelle station de dessalement alimente trois millions d’habitants des wilayas d’Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou. Cap Djinet est devenue le symbole le plus visible d’un pari national sur lequel l’Algérie a engagé des milliards de dollars : substituer la mer aux nappes phréatiques pour sécuriser l’eau potable

Le dessalement n’est plus un dispositif d’appoint. Dix-neuf stations fonctionnent aujourd’hui sur l’ensemble du territoire, produisant environ 3,7 millions de mètres cubes par jour, soit 42% de la consommation nationale en eau potable. Des chiffres que détaille Mouloud Hachelaf, assistant du PDG de l’Entreprise algérienne de dessalement (EADE), filiale du groupe Sonatrach : « Nous avons aujourd’hui 19 stations en exploitation. Elles produisent environ 3,7 millions de m³ par jour, ce qui couvre 42% des besoins en eau potable. »

Cap Djinet, vitrine du nouveau modèle

C’est Ahmed Oukali, président du projet Cap Djinet à l’EADE, qui précise l’apport de la dernière installation mise en service : « Une nouvelle station est entrée récemment en activité depuis mars 2025. Elle assure l’eau potable pour environ 3 millions de personnes avec une production de 300 000 m³ par jour, distribués vers Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou. »

Six nouvelles unités sont en cours de réalisation. Elles doivent ajouter 1,8 million de mètres cubes par jour à la capacité nationale. Tlemcen, Chlef et Mostaganem concentrent à elles seules 900 000 m³ de cette capacité supplémentaire. Hachelaf fixe l’objectif : atteindre 28 stations opérationnelles d’ici 2030, pour une production totale de 5,5 millions de mètres cubes par jour. Le dessalement couvrirait alors près de 60% des besoins en eau potable du pays.

La gestion numérique, parent pauvre du dispositif

En marge des projets d’infrastructure, SEAAL a présenté lors d’un événement organisé à la Safex deux outils de gestion numérique. Le premier, baptisé « Qualité », vise à améliorer le suivi analytique de l’eau en laboratoire. Le second, l’application « Wakalati », permet aux abonnés de régler leurs factures, suivre leur consommation et mettre à jour leurs données à distance.

Ainsi, après avoir misé sur le béton et les membranes d’osmose inverse, l’Algérie s’attaque désormais à la gestion aval d’un réseau que ses propres dirigeants reconnaissent comme vieillissant.

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