Le 23ème Congrès de l’ARAP, prévu les 27 et 28 mars 2026 à l’Hôtel Mercure de Bab Ezzouar à Alger, s’annonce comme un carrefour scientifique majeur pour la rhumatologie. Son programme révèle une volonté claire de concilier les traitements de pointe avec une prise en charge hollistique et personnalisée du patient.
Réparti en 6 séances, le colloque accorde une attention particulière aux défis thérapeutiques complexes. La première journée consacre une large part aux « Causes des échecs thérapeutiques dans la spondylarthrite axiale », avec une séance consacrée aux « particularités cliniques chez la femme », et la gestion délicate des cas associés aux « maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ou à l’uvéite ».
De plus, la polyarthrite rhumatoïde (PR) est décortiquée sous des angles novateurs, allant du stade de “pré-PR” aux polyarthrites sans syndrome inflammatoire. L’évolution de la spécialité est d’ailleurs explicitement soulignée par une conférence dédiée à l’ère de la rhumatologie de précision et à la thérapie ciblée.
Arthrose et innovations thérapeutiques
Le traitement de l’arthrose occupe une place centrale, avec un accent mis sur les thérapeutiques locales et préservatrices. Les experts discuteront de l’apport des injections intra-articulaires, de la visco-supplémentation (notamment dans la coxarthrose avec l’étude Previcox), ainsi que de l’utilisation du PRP (Plasma Riche en Plaquettes) pour la gonarthrose. Lorsque les traitements médicaux atteignent leurs limites, les alternatives chirurgicales, telles que la chirurgie prothétique pour la rhizarthrose ou la prise en charge du poignet, sont également intégrées au débat.
Une ouverture remarquable vers une médecine holistique et non-médicamenteuse
L’un des axes les plus marquants de ce congrès est l’intégration de la santé globale du patient. Les rhumatologues ne se limitent plus à la seule sphère articulaire, comme en témoignent les interventions sur “le rôle du microbiote dans les rhumatismes inflammatoires chroniques”. Un thème abordé par le Dr Tarek Khaled, rhumatologue libéral à Constantine, dans sa conférence lors de la 3ème séance.
D’autres thèmes complémentaires viennent enrichir cette approche globale tout au long des deux journées : le lien entre la santé mentale, le stress post-traumatique et la polyarthrite (abordé par le Dr Gibert et le Dr Rahmoune), la prise en charge de la douleur sans médicaments par le Dr Ginies, l’intégration de pratiques alternatives telles que l’auriculothérapie et la neuromodulation auriculaire par le Dr Sagui, et l’importance de l’activité physique chez les patients atteints de polyarthrite par le Dr Guerboukha.
Renforcement des compétences pratiques et collaboration internationale
L’ARAP met un point d’honneur à la formation continue pratique à travers plusieurs ateliers dédiés à l’échographie (hanche, petits nerfs) et à la rhumatologie interventionnelle, notamment dans des cas comme le lumbago. Par ailleurs, l’ostéoporose bénéficie d’une attention soutenue avec des discussions sur la rotation thérapeutique et des traitements spécifiques comme le Denosumab.
Le congrès brille par sa dimension internationale. Le panel d’intervenants mêle des experts libéraux et hospitaliers algériens (Alger, Oran, Constantine, Annaba, etc.) à de nombreux spécialistes venus de centres hospitaliers français (Paris, Marseille, Montpellier, Tours, Créteil), favorisant ainsi un riche transfert de connaissances. Le programme inclut également des moments d’échanges avec l’industrie pharmaceutique via des symposiums (Aurès médical, Nadpharmadic).


