Torchage de gaz : l’Algérie reste parmi les sept plus gros pollueurs mondiaux

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En 2015, le volume atteignait encore 9,6 milliards de m³, selon l’Unité de recherche en énergie basée à Washington.

Le torchage de gaz atteint un niveau record en 2025. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale (Global Gas Flaring Tracker, juin 2026), le volume brûlé dans le monde grimpe à 167 milliards de mètres cubes (bcm). Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 2019. L’Algérie figure toujours parmi les dix pays les plus responsables de ce gaspillage énergétique.

Le rapport classe l’Algérie au septième rang mondial du torchage de gaz. Elle rejoint ainsi le club restreint des neuf pays – Russie, Iran, Irak, Venezuela, Mexique, Libye, Algérie, Nigeria et États-Unis- qui concentrent 83% du torchage mondial. Pourtant, ces neuf pays ne produisent que 46% du pétrole mondial. Cette concentration illustre un déséquilibre frappant entre production et gaspillage.

En 2025, le torchage algérien progresse de près de 5%. L’intensité de torchage, c’est-à-dire le volume de gaz brûlé par baril de pétrole produit, augmente quant à elle de 3%. Cette hausse s’explique principalement par des contraintes d’infrastructure et des perturbations opérationnelles temporaires sur les installations de traitement du gaz. Un incendie survenu au complexe gazier d’Alrar, exploité par Sonatrach, a notamment pesé sur les résultats de l’année.

Malgré les engagements officiels de réduction, le torchage algérien ne diminue donc pas. La nouvelle méthodologie satellitaire, désormais basée sur trois satellites au lieu d’un seul, confirme ce constat. Elle n’a toutefois pas modifié significativement les volumes estimés pour l’Algérie, le pays disposant d’un mélange de torchères de tailles variées.

La Russie, premier pollueur mondial

À l’échelle planétaire, la Russie demeure le plus gros émetteur. Elle représente 18% du torchage mondial en 2025, avec une hausse de 9% malgré une production pétrolière stable. La Sibérie orientale concentre désormais 56% du torchage russe.

L’Iran et le Mexique suivent une trajectoire similaire. Le torchage iranien progresse de 5%, tandis que le Mexique enregistre la plus forte détérioration parmi les grands pays producteurs : +28% en volume et +36% en intensité. À eux trois, Russie, Mexique et Iran représentent plus de 60% de l’augmentation mondiale enregistrée entre 2024 et 2025.

À l’inverse, les États-Unis affichent la meilleure performance de l’année. Grâce à la mise en service du pipeline Matterhorn Express, le pays réduit son torchage de 7%. Le Kazakhstan confirme également sa trajectoire vertueuse, avec une baisse de 16% en 2025, et de 87% depuis 2012.

L’Afrique, continent sous tension

Sur le continent africain, plusieurs pays cumulent fort torchage et déficit énergétique. La Libye et le Nigeria, tous deux membres du top 9 mondial, dominent le classement africain. La Libye voit son torchage augmenter de 15% en 2025, porté par une hausse équivalente de sa production pétrolière. Le Nigeria progresse de 8%, freiné par des infrastructures vieillissantes et des usines de traitement peu fiables.

L’Angola et la République du Congo suivent, avec des hausses respectives de 12% et une intensité en progression continue depuis cinq ans. Ces deux pays partagent un paradoxe similaire à celui de l’Algérie : une grande partie de leur population reste privée d’accès fiable à l’électricité, alors même que du gaz précieux part en fumée.

Une opportunité manquée pour l’énergie

Le gaz torché en 2025 vaut environ 54 milliards de dollars. Ce volume dépasse même les exportations de gaz naturel liquéfié transitant par le détroit d’Ormuz. Pour l’Algérie comme pour ses voisins africains, la valorisation de ce gaz associé représenterait donc un levier économique et énergétique majeur, encore largement sous-exploité.

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