Troisième économie d’Afrique, l’Algérie reste seizième pour les investissements étrangers

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Graphique de données financières algériennes sur écran. En 2025, les investissements directs étrangers vers l'Algérie ont à peine dépassé 1,5 milliard de dollars, contre 46,57 milliards pour l'Égypte.
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Au premier semestre 2025, l’économie algérienne a progressé de 4,1 %, avec une expansion attendue de 3,8 % sur l’ensemble de l’année, portée par une hausse de 5,4 % des secteurs hors hydrocarbures. L’inflation a reculé à 1,7 % sur les neuf premiers mois, tirée par la baisse des prix alimentaires et la stabilité du taux de change, selon le rapport automne 2025 de la Banque mondiale. Le tableau macroéconomique est l’un des plus solides du continent africain.

Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) racontent pourtant une autre histoire. Les IDE vers l’Algérie ont atteint 1,43 milliard de dollars en 2024, en hausse de 18 % par rapport à 2023, plaçant le pays au seizième rang africain, derrière le Maroc (1,63 milliard) et loin devant la Tunisie (936 millions). Mais la mise en perspective est brutale : l’Égypte recevait la même année 46,57 milliards de dollars, une performance tirée par le méga-projet de la péninsule de Ras El-Hekma, financé par un fonds souverain d’Abu Dhabi. L’Algérie, troisième PIB du continent, reste seizième dans le classement africain des destinations d’IDE.

Seizième africain, malgré le troisième PIB du continent

«Cette sous-performance ne reflète pas un manque de ressources, mais une inefficacité structurelle : mauvaise allocation du capital, faibles incitations à l’investissement privé, rigidités réglementaires, instabilité des règles du jeu», écrivait Abdelrahmi Bessaha, économiste et auteur du rapport «Vision Algérie 2050». Il soulignait que l’économie informelle, estimée à environ 86 milliards de dollars soit près de 30 % du PIB, constitue l’un des principaux obstacles à la normalisation de l’environnement des affaires que scrutent les investisseurs étrangers avant toute décision d’implantation.

Selon les estimations basées sur des données partielles de la Banque d’Algérie, les flux réels d’IDE n’auraient pas dépassé 1,5 milliard de dollars en 2025, un niveau inférieur aux attentes. Les secteurs des hydrocarbures et de l’énergie dominent toujours, avec des apports limités dans l’industrie et l’agroalimentaire. La Chine concentre désormais le tiers des projets annoncés, avec des opérations comme le projet solaire Astronergy de 220 MW à Biskra. L’Europe, qui représentait historiquement 10 % des stocks, marque le pas. Ce rééquilibrage tient moins à une politique d’attraction volontariste qu’au redéploiement global des capitaux chinois vers l’Afrique du Nord.

Déficit budgétaire à 13,1 % et dette projetée à 71,2 % du PIB

Le rapport printemps 2025 de la Banque mondiale alerte sur des déséquilibres persistants, avec un déficit budgétaire de 13,1 % du PIB et une dette publique projetée à 71,2 % du PIB d’ici 2027. L’institution insiste sur la nécessité d’améliorer la gouvernance des entreprises publiques et d’élargir l’accès au financement privé. Des recommandations qui font écho aux travaux de Bessaha sur la trajectoire de la dette publique algérienne, qu’il juge incompatible, à moyen terme, avec le maintien du niveau actuel de dépenses sociales sans réforme fiscale structurelle.

L’Afrique du Nord a capté 277 % d’investissements supplémentaires en 2024, selon la CNUCED, une dynamique tirée presque exclusivement par l’Égypte. L’Algérie, malgré la suppression de la règle des 51/49, stagne au Maghreb. Les 89 projets IDE enregistrés au premier semestre 2025 par l’Agence algérienne de promotion des investissements (AAPI) n’ont pas fait l’objet d’une ventilation nominative publique. En septembre 2025, le gouvernement a annoncé un nouveau dispositif de simplification des procédures. Il n’a pas encore produit d’effets mesurables sur les engagements étrangers.

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