C’est le troisième jour d’ouverture du Salon international du livre d’Alger (SILA) au grand public. Cette journée fériée a connu une importante affluence au Palais des expositions de la Safex. Les pavillons étaient remplis de visiteurs, tout comme les allées et les stands des maisons d’édition.
Parmi les questions qui reviennent chez les visiteurs, celle des prix des livres occupe une place importante. Ils restent relativement élevés, notamment pour les pères et les mères de famille qui souhaitent initier leurs enfants à la lecture. Le pouvoir d’achat des ménages algériens limite parfois leurs achats, même lorsque l’envie de lire est présente.
Du côté des éditeurs, la situation est également difficile. Les coûts de production augmentent, tandis que les ventes et les bénéfices deviennent plus difficiles à maintenir. Le prix du papier, les matières premières importées, les pièces de rechange et l’entretien des imprimeries pèsent sur leur activité.
Éditions El Amel : des coûts en hausse depuis 2020
Pour Mhand Si Youcef, propriétaire des éditions El Amel, qui exercent depuis 1998, l’augmentation du prix du papier s’est particulièrement accélérée à partir de la période du Covid-19.
« On a commencé notre activité en 1998. Les coûts du papier ont connu une hausse au fil des années, mais ce qui a marqué un changement, c’est la période avant le Covid. Le prix du kilo était à 140 DA. Ensuite, il a flambé pour atteindre 300 DA, soit plus du double. Juste après, les prix se sont stabilisés entre 210 et 230 DA le kilo », explique-t-il.
Le responsable évoque également les difficultés liées à l’importation des matières premières et des équipements nécessaires à l’impression.
« Le livre que j’ai entre les mains est fabriqué à 100 % avec des matières importées. Cela pose un problème pour les prix, puisque nous ne pouvons pas les contrôler dans une situation pareille. La dernière fois, j’ai eu une panne et je devais importer une pièce depuis l’étranger, mais ce n’était pas possible. J’ai alors eu recours à des importateurs de cabas pour obtenir cette pièce. C’est un risque, car si elle ne fonctionne pas, je n’ai aucune garantie », témoigne Mhand Si Youcef.
Cette difficulté complique davantage le travail des éditeurs. Selon lui, la hausse des coûts d’impression finit par se répercuter sur le prix de vente, alors que les quantités vendues risquent de diminuer.
Le problème concerne aussi les anciens ouvrages. Les livres imprimés autour de 2020, lorsque le papier coûtait moins cher, ne peuvent plus être réédités au même prix. « On a vendu certains livres à 1 000 DA. Maintenant, si je dois faire une nouvelle édition, elle ne coûtera pas moins de 1 400 DA », précise-t-il.
Des prix qui varient selon les éditeurs et les ouvrages
Du côté des éditions Talsa, Hamza Sahoui apporte un autre éclairage. Ayant commencé son activité en 2023, il affirme ne pas avoir particulièrement ressenti une hausse importante des prix du papier ou de l’impression depuis ses débuts.
« Depuis mes débuts dans cette activité, en 2023, je n’ai pas vraiment ressenti une augmentation des prix du papier ou de l’impression. Peut-être que c’est différent pour ceux qui exercent depuis avant le Covid », explique-t-il.
Sur son stand au SILA, plusieurs livres sont proposés à des prix différents, selon les thèmes et le nombre de pages. « J’ai plusieurs offres. Par exemple, ces recueils de poésie sont commercialisés à partir de 450 DA. Je trouve que ce sont des prix abordables pour permettre aux lecteurs de s’initier à la littérature », ajoute-t-il.
La qualité du livre joue également un rôle dans sa commercialisation. Le choix du papier, la police de caractère et la qualité de l’impression influencent le prix final. Ces éléments comptent aussi dans la décision d’achat des lecteurs.
Au SILA, les visiteurs continuent de remplir les stands et de feuilleter les ouvrages. Mais derrière cette affluence, les éditeurs font face à une équation difficile : maintenir des prix accessibles aux lecteurs tout en couvrant des coûts de production de plus en plus élevés.



