Le coût de la vie pèse de plus en plus sur les familles algériennes. Les dépenses quotidiennes s’accumulent : alimentation, loyer, gaz, électricité, transport, internet et frais scolaires. À cela s’ajoutent les dépenses moins régulières, mais difficiles à éviter. Une panne de voiture, une consultation médicale, des médicaments ou une réparation peuvent rapidement déséquilibrer un budget.
Pour les familles avec enfants, la liste s’allonge encore. Il faut prévoir les fournitures scolaires, les cours de soutien, la crèche pour les plus petits lorsque les deux parents travaillent, mais aussi les vêtements et les dépenses liées aux fêtes religieuses.
Dans ce contexte, quel revenu faut-il réellement pour vivre à quatre et arriver à la fin du mois sans accumuler les dettes ?
Pour un père de famille, 2 000 DA par jour partent très vite
Sur le terrain, les témoignages donnent une autre mesure de la pression exercée sur les revenus. Un père de trois enfants scolarisés explique que 2 000 dinars par jour peuvent disparaître sans achat important. « Sans rien acheter juste pour mes frais personnels et les articles divers pour les enfants, le pain et le lait, les 2 000 dinars sont toujours consommés », témoigne-t-il.
Les courses hebdomadaires représentent déjà une somme importante. « Je fais le marché des fruits et légumes une fois par semaine et je ne dépense pas moins de 8 000 dinars », poursuit-il. À cela s’ajoutent les dépenses qui ne peuvent pas être planifiées. Une panne de voiture, une réparation, une consultation chez le dentiste ou l’achat d’un médicament peuvent faire basculer le budget du mois.
Le logement et les factures viennent ensuite. Pour cette famille, les dépenses mensuelles peuvent atteindre 120 000 à 130 000 dinars, sans compter les imprévus. Le budget alimentaire constitue l’un des postes les plus lourds. Pour quatre personnes, une enveloppe de 30 000 à 40 000 dinars par mois peut rapidement être atteinte, selon les habitudes de consommation.
Le transport ajoute une autre charge. Pour une famille qui utilise une voiture, le carburant, le stationnement, l’entretien et les pièces de rechange peuvent peser fortement sur le revenu.
Les automobilistes sont également confrontés à un autre problème : certaines pièces sont devenues coûteuses et parfois difficiles à trouver. Une seule intervention mécanique peut alors représenter plusieurs milliers de dinars.
Loyer ou crédit immobilier : une deuxième grosse charge
Le logement constitue un autre élément déterminant dans le budget des familles. Pour ceux qui louent leur logement à Alger, la facture peut représenter plusieurs dizaines de milliers de dinars chaque mois. Avant même de faire les courses ou de payer le transport, une partie importante du salaire est déjà engagée. D’autres familles ont choisi d’acheter leur logement à crédit. La mensualité du prêt devient alors une charge fixe qui s’ajoute aux factures et aux dépenses des enfants.
Un père de famille vivant dans un logement ADL à Alger détaille son budget. « Je paie 12 000 dinars pour notre logement ADL et 4 000 dinars pour internet. Les besoins de mes deux enfants représentent environ 10 000 dinars. Je dépense aussi autour de 5 000 dinars pour les consultations et les médicaments », explique-t-il. Les courses représentent entre 8 000 et 10 000 dinars par semaine. La voiture ajoute à son tour plusieurs dépenses. « Avec l’essence, les parkings et l’entretien de la voiture, je dépense au moins 10 000 dinars », précise-t-il.
Les factures de gaz et d’électricité viennent compléter cette liste. Pour cette famille, le budget atteint actuellement environ 70 000 dinars par mois, hors certaines dépenses exceptionnelles. La situation est toutefois différente de celle d’une famille qui paie un loyer au prix du marché. Avant de bénéficier de son logement ADL, ce père de famille louait un logement meublé à Alger pour 55 000 dinars par mois.
Le SNMG reste très loin des dépenses d’une famille
Depuis janvier 2026, le salaire national minimum garanti (SNMG) est fixé à 24 000 dinars par mois. Ce montant reste très éloigné des dépenses nécessaires pour un ménage de quatre personnes. Même avec deux revenus au niveau du SNMG, un couple disposerait de 48 000 dinars par mois. Cette somme reste largement inférieure à l’ordre de grandeur de 120 000 à 130 000 dinars établi pour une famille de quatre personnes à Alger.
La comparaison doit toutefois être nuancée. Les dépenses ne sont pas les mêmes pour une famille propriétaire de son logement, une famille bénéficiant d’un logement social ou ADL, ou encore un ménage vivant dans une commune où les prix sont moins élevés. Les témoignages recueillis ici concernent principalement la capitale. Dans certaines régions rurales ou dans des villes où le logement coûte moins cher, certaines charges peuvent être inférieures.
Mais cela ne signifie pas que deux salaires au niveau du SNMG permettent à une famille de quatre personnes de vivre sereinement. Les dépenses alimentaires, la santé, l’école, le transport et les imprévus restent présents.


