Après plusieurs mois de vacances, près de 12 millions d’élèves algériens ont retrouvé les bancs de l’école. Du primaire au secondaire, la rentrée scolaire marque aussi le retour d’une longue série de dépenses pour les familles.
Fournitures scolaires, vêtements, transport, alimentation et autres besoins du quotidien. Les dépenses se sont multipliées ces dernières semaines. Dans les marchés, les prix restent élevés. Une situation qui pèse de plus en plus sur les ménages, y compris ceux qui disposent d’un revenu moyen.
Contacté par Maghreb Emergent, l’économiste Belkacem Boukhrouf, estime que cette rentrée sociale intervient dans une période particulièrement difficile pour le pouvoir d’achat. Il évoque une inflation qui continue de peser sur les dépenses des ménages.
Belkacem Boukhrouf alerte sur le recul du pouvoir d’achat
« La rentrée sociale arrive avec son lot de difficultés pour les ménages, y compris ceux au revenu moyen, à faire face aux dépenses », estime Belkacem Boukhrouf. Pour l’économiste, la principale difficulté reste la baisse du pouvoir d’achat. Il l’associe à une « inflation non maîtrisée ». Cette pression est visible dans les marchés. La pomme de terre se vend actuellement autour de 100 DA le kilogramme. L’oignon dépasse les 70 DA. Plusieurs autres légumes du panier quotidien restent également en dessous de la barre des 100 DA.
Mais les dépenses des familles ne s’arrêtent pas aux fruits et légumes. La viande représente aussi une charge importante. Le poulet se vend entre 450 et 600 DA le kilogramme selon les produits et les points de vente. La viande rouge tourne autour de 2 300 DA. La viande espagnole importée reste, elle, autour de 1 700 DA. Le problème est d’autant plus sensible que cette hausse intervient au moment de la rentrée sociale. Les familles doivent faire face simultanément aux dépenses scolaires et à celles liées à l’alimentation et aux autres besoins du quotidien.
Une pression qui dépasse la rentrée scolaire
Pour Belkacem Boukhrouf, les difficultés actuelles ne concernent pas uniquement les consommateurs. Elles touchent aussi le fonctionnement de l’économie nationale. L’économiste estime que la baisse du pouvoir d’achat est liée à une difficulté à maîtriser les flux du circuit économique national. Selon lui, les différents dispositifs de régulation et les aides mises en place ne suffisent pas à compenser les perturbations enregistrées sur plusieurs marchés.
Il cite notamment les fruits et légumes, l’habillement, les articles scolaires, mais aussi les équipements et les pièces détachées automobiles. Cette situation peut provoquer des effets en chaîne. Une hausse sur un produit ou un secteur peut finir par augmenter les dépenses des ménages dans d’autres domaines. Avec des revenus qui n’évoluent pas au même rythme que les prix, le budget familial devient plus difficile à équilibrer.
L’économiste appelle ainsi à agir davantage sur la production. Pour lui, la réponse passe par une relance de la sphère productive et une amélioration des niveaux de croissance. « Le mieux serait de booster les niveaux de croissance par la redynamisation de la sphère productive », propose Belkacem Boukhrouf. L’objectif, selon lui, est aussi d’éviter une situation de stagflation, marquée par une croissance faible accompagnée d’une inflation persistante.


