Le débat sur le projet de loi de finances 2027 (PLF), s’est poursuivi jeudi 5 novembre 2027 à l’Assemblée populaire nationale (APN). Le déficit budgétaire, la progression de la dette publique et la diversification des ressources de l’État, ont été évoqués lors des interventions des députés
En réponse aux préoccupations soulevées, le représentant du gouvernement, le ministre des Finances, Lamine Lebbou, a défendu les orientations économiques du PLF 2027, en mettant particulièrement l’accent sur la nécessité de sortir progressivement de la dépendance à la rente pétrolière.
De leur côté, les députés ont exposé leurs observations, propositions et préoccupations concernant les dispositions du texte financier. Les échanges ont notamment porté sur la trajectoire des finances publiques, la soutenabilité de la dette, le déficit budgétaire et l’efficacité des dépenses d’investissement.
À l’issue de ces interventions, le ministre des Finances, Lamine Lebbou, a apporté les réponses du gouvernement, présentant les principales orientations économiques et budgétaires retenues pour l’exercice 2027.
Vers un modèle économique moins dépendant des revenus pétroliers
Au cœur de l’intervention gouvernementale figure l’impératif de sortir progressivement de la dépendance à la rente pétrolière, à travers la promotion d’une économie productive et la diversification des sources de croissance.
Le ministre a notamment mis en avant le soutien aux entreprises émergentes et le renforcement de leur contribution au tissu économique national, dans un contexte international marqué par la volatilité des cours des hydrocarbures.
L’objectif est de renforcer la soutenabilité des finances publiques et de réduire progressivement la dépendance de l’État à la fiscalité pétrolière, en diversifiant les ressources hors hydrocarbures et en élargissant les assiettes économique et fiscale, sans recourir à une augmentation de la pression fiscale sur les citoyens.
Cette orientation se traduit, selon les données présentées par le ministre, par la progression des recettes hors hydrocarbures, qui représentent désormais plus de 71 % des recettes prévisionnelles. Un indicateur que le gouvernement met en avant pour illustrer l’évolution de la structure des ressources budgétaires et les efforts engagés en matière de diversification des recettes publiques.
Une croissance de 4,2 % attendue en 2027
Sur le plan macroéconomique, les prévisions pour 2027 tablent sur une croissance de 4,2 %, qui devrait être principalement portée par la dynamique des secteurs hors hydrocarbures, notamment l’industrie et l’agriculture.
Le ministre a également souligné que ces perspectives rejoignent les appréciations de plusieurs institutions internationales quant aux perspectives de croissance de l’économie nationale.
Modernisation financière et développement des paiements
Le renforcement de la confiance dans le système financier constitue un autre axe de l’intervention gouvernementale. Dans ce cadre, le ministre a évoqué la création d’une Commission nationale des paiements, instituée par la décision n° 26-01 du 26 mai, émanant de la Banque d’Algérie.
Cette instance s’inscrit dans la démarche de modernisation des moyens de paiement, de développement des transactions électroniques et de consolidation de l’inclusion financière.
Entre maîtrise du déficit budgétaire, évolution de la dette publique et diversification des ressources, le PLF 2027 se retrouve au centre d’une équation économique majeure : maintenir le financement des priorités de développement tout en renforçant progressivement l’autonomie des finances publiques vis-à-vis des revenus des hydrocarbures.



