Matière première plastique : Rezig dément toute interdiction d’importer, mais les PME doutent pourtant

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Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, lors d’une séance de questions orales au Conseil de la nation. ©APN
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La disponibilité de la matière première plastique a été au centre des échanges au Conseil de la nation. Lors d’une séance de questions adressées au gouvernement, le ministre du commerce extérieur et la promotion des exportations, Kamel Rezig, a été interpellé par le sénateur Ayoub Aouina sur les difficultés d’approvisionnement rencontrées par certaines petites et moyennes entreprises (PME), notamment dans les secteurs du plastique, de l’emballage et du conditionnement.

Le sénateur a notamment évoqué les contraintes auxquelles font face les petites unités industrielles. Certaines ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour importer directement auprès des fournisseurs étrangers. Ces derniers imposent souvent des commandes de plusieurs conteneurs, des quantités qui dépassent les besoins de nombreuses entreprises nationales.

En réponse, le ministre a écarté l’existence d’une interdiction générale des importations de matières premières plastiques. Il a également présenté des chiffres qui montrent une hausse des volumes importés ces dernières années. Mais ces données n’ont pas mis fin aux interrogations du sénateur, qui a ensuite détaillé plusieurs difficultés administratives et bancaires rencontrées par les opérateurs.

Rezig met en avant la hausse des importations de matières premières plastiques

Pour répondre aux inquiétudes sur la disponibilité de ces intrants, le ministre a rappelé que les matières premières plastiques ne font pas l’objet d’une interdiction générale d’importation. Il a précisé que l’Algérie ne dispose pas encore d’une production nationale dans ce domaine.

« Nous n’avons malheureusement pas de production nationale dans ce domaine. Ces matières premières sont donc importées de l’étranger », a-t-il expliqué.

Les chiffres présentés au Conseil de la nation font état d’une progression continue des importations. Les quantités sont passées de 1,14 million de tonnes en 2022 à 1,32 milliard en 2023, puis à 1,49 milliard en 2024. En 2025, elles ont atteint 1,69 milliard de tonnes.

Pour le premier semestre 2026, les importations ont atteint 713 millions de tonnes. Le ministre estime que, si le rythme se maintient durant les six derniers mois de l’année, le volume pourrait approcher 1,8 million de tonnes à la fin de l’exercice. Un niveau supérieur à celui enregistré en 2025.

Rezig a également abordé la question de la hausse des prix sur le marché national. Il l’a liée à l’évolution des cours internationaux, à l’augmentation des frais de transport et du fret maritime, ainsi qu’aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. Ces facteurs alourdissent les coûts d’acquisition pour les opérateurs algériens, puisque les matières premières sont importées.

Après les nouvelles préoccupations du sénateur, Rezig propose une rencontre au ministère

Le sénateur Ayoub Aouina a poursuivi son intervention en évoquant les difficultés rencontrées par plusieurs opérateurs industriels dans leurs démarches d’importation.

« Le faible capital social peut être compréhensible, mais le nombre de salariés ne devrait pas pénaliser une unité industrielle qui n’a pas encore commencé son activité. Elle doit d’abord importer ses équipements et ses matières premières avant de pouvoir lancer sa production et recruter », a-t-il expliqué.

Le sénateur a également alerté sur les délais imposés aux opérateurs par les nouvelles procédures bancaires.  

Pour illustrer cette situation, Ayoub Aouina a cité le cas d’un opérateur qui avait réservé un conteneur le 10 mai, avant la publication de nouvelles instructions le 14 mai. Après cette publication, il a été invité à retourner auprès de sa banque. Mais la plateforme bancaire ne disposait pas du programme ou des quantités correspondant à sa demande.

« L’opérateur se retrouve ainsi entre le ministère et la banque, sans parvenir à débloquer sa situation », a-t-il fait valoir.

Le sénateur a aussi attiré l’attention sur les frais de stationnement des conteneurs dans les ports. Ces coûts supplémentaires, liés aux retards de traitement des dossiers, alourdissent les charges des entreprises et peuvent finir par se répercuter sur les prix des produits.

« Il y a de véritables industriels, des Algériens qui aiment leur pays et qui souhaitent aujourd’hui investir dans la production. Certains ont exercé dans le commerce et veulent désormais orienter leurs investissements vers l’industrie. Il faut les encourager », a-t-il insisté.

En réponse à cette deuxième intervention, le ministre Rezig n’a pas répondu publiquement à chacun des cas soulevés par le sénateur. Il l’a toutefois invité à se rendre à son ministère pour poursuivre la discussion et examiner les difficultés évoquées.

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