TSGP : l’APPO mise sur la Banque africaine de l’énergie pour financer la suite du projet

Maghreb Emergent
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La 48ᵉ session du Conseil ministériel de l'APPO, réunie le 4 novembre 2025 à Brazzaville, a mandaté l'Algérie pour piloter la création de la Banque africaine de l'énergie. ©APPO

L’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) réaffirme son soutien au gazoduc transsaharien (TSGP) et présente la future Banque africaine de l’énergie comme l’un des instruments appelés à en financer la suite. Le projet est entré en phase de construction, la banque reste à ce jour en attente de lancement opérationnel.

Le TSGP doit relier les champs gaziers du Nigeria à l’Algérie sur environ 4 000 kilomètres, en traversant le Niger, avant de se raccorder aux gazoducs Medgaz et TransMed qui alimentent déjà l’Espagne et l’Italie. Les travaux du tronçon algérien ont officiellement démarré le 4 juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, en présence des ministres des Hydrocarbures algérien, nigérian et nigérien. Il reste 841 kilomètres de tronçon nigérien à construire, dont le financement fait toujours l’objet de tractations entre les trois pays. Dans un entretien accordé à Energies Media, Farid Ghezali, secrétaire général de l’APPO, a précisé que l’organisation soutient pleinement ce projet parce qu’il est structurant pour l’Afrique.

C’est sur ce volet financement que l’APPO veut faire jouer sa future banque. Sa création a été actée, mais elle n’est pas encore opérationnelle. « La future banque permettra de financer des projets stratégiques sans dépendre de contraintes extérieures et son premier rôle sera de dé-risquer les projets énergétiques en attente de financement », a déclaré Farid Ghezali à l’APS. Il a précisé que l’institution privilégierait « les initiatives transfrontalières favorisant l’interconnexion régionale, notamment les oléoducs, les projets d’interconnexion électrique ainsi que les infrastructures de valorisation des hydrocarbures ». Le TSGP figure explicitement parmi les projets cités, aux côtés de raffineries régionales.

La Banque africaine de l’énergie a été mandatée le 4 novembre 2025, lors de la 48e session du conseil ministériel de l’APPO à Brazzaville, qui a confié à l’Algérie le pilotage de sa création. Son capital initial est fixé à 500 millions de dollars, avec un objectif de 2 milliards dès l’année suivant son démarrage. C’est lors de cette même session que le Conseil a nommé Farid Ghezali secrétaire général de l’APPO pour la période 2026-2028, fonction qu’il occupe depuis le 4 janvier 2026.

Le siège de la banque, à Abuja, est prêt. Le capital et le mandat sont actés. Manquent encore le démarrage effectif de l’activité et la désignation d’un président et d’administrateurs. Le calendrier a déjà glissé une fois : annoncé pour juin 2026 en mai, puis fixé à fin juillet ou à la première semaine d’août lors d’une déclaration à l’APS début juin, le lancement opérationnel est désormais reporté à septembre 2026, sans date précise communiquée à ce stade.

Farid Ghezali a résumé l’objectif de l’institution en ces termes : « disposer d’un outil africain indépendant afin d’assurer notre souveraineté dans le choix des projets à financer et soutenir ainsi le développement économique de nos pays ». Sa mission première reste la même : dé-risquer des projets que les bailleurs internationaux délaissent à mesure qu’ils se retirent du financement des énergies fossiles.

Le TSGP et la banque ne sont que deux volets de la feuille de route 2026 de l’APPO. L’organisation développe en parallèle une plateforme numérique de contenu local, destinée à recenser les entreprises africaines du secteur énergétique et à leur réserver un accès prioritaire aux appels d’offres du continent. Le projet, en phase finale de développement selon Farid Ghezali, doit déboucher fin 2026 ou début 2027 sur un bulletin africain des appels d’offres calqué sur le modèle du BAOSEM algérien, avec pour cible principale les PME encore marginalisées dans la sous-traitance des grands projets pilotés par des majors internationales.

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