Tunisie : à l’approche du 17 octobre, les organisateurs élargissent l’appel à la mobilisation

À l’approche du rassemblement du 17 octobre, neuf organisations syndicales et de la société civile tunisiennes intensifient leurs appels à la mobilisation, avec des revendications portant sur la situation économique et sociale, les libertés publiques et l’indépendance de la justice.

Mecipsa Amokrane
5 min de lecture
Neuf organisations tunisiennes annoncent une marche le 17 octobre à Tunis pour défendre le pouvoir d’achat, l’emploi, les services publics et les libertés.
Ajoutez Maghreb Émergent sur Google pour trouver du contenu similaire

À quatre jours de la mobilisation prévue à Tunis, les responsables syndicaux et associatifs multiplient les appels à la participation. Les organisateurs mettent en avant des revendications économiques, sociales et liées aux libertés publiques, dans une initiative portée par neuf organisations nationales.

La mobilisation du 17 octobre prend progressivement forme en Tunisie. Après l’annonce, fin septembre, d’une marche nationale dans la capitale, plusieurs responsables des organisations initiatrices ont précisé les objectifs du rassemblement, son parcours et sa portée. La manifestation doit partir de la place Mohamed-Ali, devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), en direction de l’avenue Habib-Bourguiba, selon les précisions communiquées par des responsables syndicaux.

Le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Othman Jallouli, a indiqué, dans une déclaration à Jawhara FM publiée le 10 octobre, que la marche prévue samedi 17 octobre serait « nationale, civile et pacifique ». Elle doit réunir les composantes du cadre de coordination, des organisations participantes ainsi que les Tunisiens souhaitant exprimer leurs opinions.

Cette prise de parole intervient alors que les organisateurs poursuivent leurs préparatifs. La mobilisation est présentée comme une initiative commune visant à porter dans l’espace public des préoccupations qui dépassent les seules revendications professionnelles des organisations participantes.

« Le dialogue se transporte dans la rue »

Le secrétaire général de l’UGTT, Salah Eddine Selmi, a défendu cette orientation lors de l’ouverture du septième congrès du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), selon un compte rendu publié le 10 octobre par Cap FM.

Il a présenté la marche comme une réponse à ce qu’il décrit comme la fermeture des portes de la négociation par le pouvoir exécutif. Selon lui, cette mobilisation constitue une première étape d’action d’un front civil et social réunissant des organisations, des instances et des associations.

Salah Eddine Selmi a également insisté sur la dimension transversale des revendications. Celles-ci ne se limitent pas aux intérêts des travailleurs ou à des questions sectorielles, mais concernent, selon ses propos, l’ensemble des citoyens. Il a notamment cité les libertés publiques et individuelles, la liberté d’expression, la presse, les médias, le droit de s’organiser et celui de manifester pacifiquement, ainsi que le droit à l’emploi.

Le responsable syndical a précisé que ce cadre de coordination n’était pas une formation politique, tout en estimant que les partis pouvaient participer à la marche et aux éventuelles initiatives ultérieures.

Neuf organisations à l’origine de l’initiative

L’appel à manifester a été annoncé à l’issue d’une réunion tenue le 29 septembre 2026 au siège central de l’UGTT. Le communiqué commun fait état d’une dégradation de la situation économique, sociale et politique, ainsi que de difficultés croissantes concernant les droits et les libertés.

Neuf organisations ont signé cet appel : l’UGTT, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), l’Ordre national des avocats de Tunisie (ONAT), la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et l’Union des diplômés chômeurs (UDC).

Les signataires ont notamment réaffirmé leur attachement aux libertés d’expression et de la presse, à la liberté d’association, au droit de manifester pacifiquement et à l’indépendance de la justice. Ils ont également mis en cause les autorités tunisiennes dans la dégradation qu’ils dénoncent.

Le mot d’ordre retenu pour la mobilisation est : « La Tunisie d’abord… et le peuple au-dessus de toute considération ».

Les libertés et les revendications sociales au cœur de la mobilisation

Dans une déclaration accordée au média Al Araby, le bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie, Boubaker Belthabet, a indiqué que les organisations poursuivaient leurs réunions afin de préparer les aspects organisationnels et logistiques de la marche.

Il a présenté les revendications autour de la défense des valeurs républicaines, des droits des citoyens et du respect des droits et des libertés. Il a également expliqué que les organisations entendaient s’adresser aux autorités, et notamment au président Kaïs Saïed, sur les questions économiques et relatives aux droits.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article