Neuf organisations syndicales, professionnelles et de défense des droits ont annoncé une mobilisation commune en Tunisie, avec une marche nationale prévue à Tunis le 17 octobre 2026. Le rassemblement se tiendra sous le slogan « Tunisie d’abord… le peuple au-dessus de toute considération ».
L’appel a été lancé le 29 septembre à l’issue d’une réunion tenue au siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Les signataires dénoncent notamment la dégradation du pouvoir d’achat, le chômage, les difficultés des services publics ainsi que ce qu’ils considèrent comme un recul des libertés.
La déclaration est signée par l’UGTT, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), l’Ordre national des avocats de Tunisie, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) et l’Union des diplômés chômeurs.
Emploi et pouvoir d’achat
Les organisations placent les questions sociales au cœur de leur mobilisation. Elles revendiquent notamment le droit à l’emploi, des salaires jugés équitables et l’accès aux services essentiels, notamment la santé, l’éducation et le transport.
Le contexte reste marqué par un chômage élevé. Selon l’Institut national de la statistique (INS), le taux de chômage atteignait 14,9 % au deuxième trimestre 2026, soit 622 400 personnes, avec un taux de 35,4 % chez les 15-24 ans. L’inflation s’établissait par ailleurs à 5,4 % en août, tandis que les prix alimentaires augmentaient de 7,5 % sur un an.
Les libertés également au centre de l’appel
La mobilisation porte aussi sur les libertés publiques. Les neuf organisations réaffirment leur attachement aux libertés d’expression, de la presse, d’association et de manifestation, ainsi qu’à l’indépendance de la justice et au droit à un procès équitable.
Le SNJT fait notamment de la situation des journalistes détenus un sujet récurrent de mobilisation. Plus largement, plusieurs organisations tunisiennes de défense des droits humains et de la société civile ont dénoncé ces dernières années des restrictions touchant l’expression, l’activité associative et l’opposition politique.
Une coordination appelée à se poursuivre
Au-delà de la marche du 17 octobre, les neuf organisations annoncent la préparation d’un programme commun de mobilisations et d’initiatives. La manifestation doit ainsi constituer le premier rendez-vous public de cette nouvelle coordination, qui rassemble des organisations syndicales, professionnelles, étudiantes et de défense des droits.

