La question des visas entre la France et l’Algérie continue d’alimenter le débat. Après plusieurs mois de tensions diplomatiques, les relations entre les deux pays ont commencé à s’apaiser avec le retour de l’ambassadeur de France à Alger en mai dernier et la reprise du dialogue entre les deux capitales.
Dans ce contexte, les déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie sur une possible hausse du nombre de visas accordés aux Algériens ont rapidement suscité une vive polémique sur la scène politique française.
Mercredi, lors du Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron est intervenu pour préciser la position de l’exécutif. Selon les déclarations rapportées par la porte-parole du gouvernement, il n’existe « aucun objectif chiffré » concernant les visas délivrés aux ressortissants algériens.
Les propos de l’ambassadeur déclenchent une polémique en France
La controverse est née après un entretien accordé par l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, au média Tout sur l’Algérie. Le diplomate y évoquait une « hausse » du nombre de visas délivrés aux Algériens afin de « revenir probablement » au niveau d’avant la crise diplomatique entre les deux pays, soit environ 250 000 visas par an.
Ces déclarations ont provoqué de nombreuses réactions au sein de la classe politique française. Plusieurs responsables de droite et d’extrême droite ont critiqué cette perspective. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé une « capitulation », tandis que Bruno Retailleau, candidat des Républicains à l’élection présidentielle, a parlé d’un « renoncement ».
Cette polémique intervient alors que Paris cherche à renouer un dialogue plus serein avec Alger après plusieurs mois de crise diplomatique.
Macron assure qu’aucun quota n’a été fixé
Face aux réactions provoquées par ces déclarations, Emmanuel Macron a tenu à apporter une clarification. Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, le chef de l’État « a tenu à corriger les propos de notre ambassadeur en Algérie ».
Elle a précisé que « la France a engagé un travail exigeant sur des enjeux et des sujets majeurs avec l’Algérie. Mais pour autant il n’y a aucun objectif chiffré en matière de visas et il n’y a aucun laxisme de la part de la France ».
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a lui aussi affirmé que la question d’un nombre précis de visas n’avait jamais été évoquée dans les discussions avec Alger. « J’ai participé aux discussions avec l’Algérie. On n’a jamais évoqué ce sujet », a-t-il déclaré.
Avant l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017, la France délivrait environ 500 000 visas par an aux ressortissants algériens. Selon la porte-parole du gouvernement, le président français avait ensuite décidé de réduire ce volume afin qu’il corresponde « aux besoins de la France » et « aux réalités géopolitiques ».


