Des voitures retrouvées sans portières au petit matin, parfois sans roues. Depuis quelques semaines, plusieurs vidéos et témoignages publiés sur les réseaux sociaux font état d’un mode de vol inhabituel en Algérie : le démontage de pièces sur des véhicules stationnés.
L’affaire qui a le plus circulé s’est déroulée dans le quartier Garidi 1, à Kouba, sur les hauteurs d’Alger. Une habitante a filmé deux Audi A3 garées dans la cité, dont sept portières au total avaient été arrachées : quatre sur la première voiture et trois sur la seconde. Elle situe les faits le 28 septembre. Les images ont été reprises par plusieurs médias arabes.
Depuis, d’autres publications font état de cas similaires. Des vidéos et des témoignages recoupés font état de faits à Alger, Tipaza, Oran et Annaba. Les véhicules visés appartiennent à des gammes très différentes : berlines récentes, SUV, utilitaires, mais aussi de vieux modèles.
Portières, mais pas seulement
Les voleurs ne se limitent pas aux portières. Selon les informations qui circulent, ils prennent aussi les phares, les rétroviseurs, les roues et certains équipements électroniques, des éléments faciles à détacher et à revendre séparément. Les faits se produisent le plus souvent la nuit, ou dans des ruelles et parkings peu fréquentés.
Une revente probable, mais pas établie
Qui achète ces pièces ? À ce stade, aucune enquête publique ne répond à cette question. Un automobiliste cité par un site d’information destiné à la diaspora y voit l’effet de la pénurie de pièces de rechange, qui alimente ces vols et complique le travail des réparateurs. Ces analyses restent en effet des hypothèses.
Le démontage de véhicules pour revendre les pièces n’est rien de nouveau. En mars 2025, la Gendarmerie nationale d’Alger annonçait avoir démantelé quatre réseaux spécialisés dans le vol, le démontage et la revente de véhicules en pièces détachées. Mais il s’agissait alors de véhicules entièrement volés. Ce qui frappe aujourd’hui, c’est le démontage sur place, à découvert, en pleine rue.
Pas de bilan officiel
Aucun chiffre officiel ne permet, pour l’instant, de mesurer l’ampleur du phénomène à l’échelle nationale ni de déterminer si les différents cas relèvent d’un même réseau. À notre connaissance, la police et la gendarmerie n’ont pas publié de communiqué spécifiquement consacré à ces vols de portières.
Que faire ?
Sur les réseaux sociaux, des vidéos de spécialistes, de garagistes et même d’influenceurs recommandent de renforcer la vidéosurveillance dans les quartiers et parkings concernés et d’éviter de stationner dans les lieux isolés. Un conseil circule aussi parmi les automobilistes : dissimuler un traceur GPS dans les portières, pour aider la police à remonter jusqu’aux voleurs.
Il est à noter qu’en cas de vol ou de constat suspect, plusieurs canaux sont disponibles. La Sûreté d’Alger met à disposition le numéro vert 15-48, le 17, l’application Allo Chorta et sa page Facebook. La Gendarmerie nationale dispose, elle, du numéro vert 1055.


