Wise, la banque en ligne prisée par la diaspora algérienne, visée par une enquête pour blanchiment

La justice belge a confirmé, lundi 1er juin, l'existence d'une enquête avancée visant Wise Europe, filiale continentale du géant britannique des transferts de fonds en ligne. Des transactions suspectes totalisant plus d'un demi-milliard d'euros sont au cœur du dossier. Pour les Algériens, qui utilisent massivement la plateforme pour pallier les contraintes du dinar non convertible, la nouvelle prend une résonance particulière.

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La plateforme Wise, anciennement TransferWise, est visée par une enquête du parquet de Bruxelles pour soupçons de blanchiment portant sur plus de 500 millions d'euros. © Dreamstime

Le parquet de Bruxelles a confirmé, lundi 1er juin, l’existence d’une enquête judiciaire visant Wise Europe, la filiale continentale de l’entreprise britannique spécialisée dans les transferts de fonds en ligne. Selon l’AFP qui cite les magistrats, le dossier se trouvait à «un stade avancé» et approchait de son terme, confirmant les révélations du réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC).

Pour des centaines de milliers d’Algériens établis en France, en Belgique ou au Canada, Wise est bien davantage qu’une application de paiement. La plateforme est devenue, faute d’alternative bancaire accessible, le canal de référence pour envoyer de l’argent en Algérie, régler des factures en devises ou épargner dans une monnaie étrangère que le dinar non convertible ne permet pas de détenir légalement. Son modèle, fondé sur des frais réduits et une ouverture de compte sans contraintes, a séduit précisément là où les banques traditionnelles posent des conditions restrictives.

L’absence d’identification des clients

Les griefs détaillés par le parquet bruxellois sont précis. Les services de Wise Europe auraient été utilisés par des organisations criminelles, y compris à dimension internationale, pour acheminer des fonds d’origine douteuse représentant un total de plus de 500 millions d’euros. Les infractions sous-jacentes identifiées par les enquêteurs incluent l’escroquerie, la corruption et le trafic de stupéfiants. En effet, selon le parquet, des comptes auraient été ouverts et utilisés sans identification correcte des titulaires, en violation de la législation anti-blanchiment européenne. Le parquet se prépare à saisir le tribunal correctionnel de Bruxelles.

De son côté, l’entreprise en cause, qui revendique plus de 19 millions de clients actifs dans le monde et traite environ 4,7 millions de transactions quotidiennes, a estimé dans un communiqué rendu public, que l’enquête belge “ne démontrait pas, en elle-même, un manquement systémique à ses obligations de conformité”. Elle a rappelé qu’ “aucune conclusion définitive ne lui avait été transmise à ce stade, et qu’environ un tiers de ses effectifs mondiaux travaille à la détection des activités illicites”.

Ce n’est pas la première confrontation de la plateforme avec les régulateurs sur ce terrain. En 2022 déjà, les autorités des Émirats arabes unis lui avaient infligé une amende de 360 000 dollars pour insuffisance de ses dispositifs de contrôle anti-blanchiment, une condamnation que Wise avait reconnue sans qu’elle suscite alors d’écho particulier.

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