Yassir rachète une agence publicitaire parisienne et construit son Amazon à l’africaine

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La super-app algérienne, Yassir, continue d’étendre son empire entrepreneurial. La dernière, Yassir s’empare d’une société parisienne spécialisée dans l’achat média algorithmique. Un mouvement qui prolonge une stratégie d’expansion accélérée pour contrôler sa propre infrastructure publicitaire à l’échelle de l’EMEA.

La startup, fondée par Noureddine Taybi, a annoncé l’acquisition de Kawarizmi, une société basée à Paris, spécialisée dans la publicité programmatique et l’achat média data-driven. La transaction est soumise à des approbations réglementaires, alors que les conditions financières n’ont pas encore été communiquées.

Fondée par Salif Diop et Hakim Hattou, Kawarizmi dispose de partenariats certifiés avec Google, Meta et Adjust, et revendique plus de 2 000 campagnes réalisées pour des clients comme L’Oréal, Canal+ et Wafacash. Elle opère sur plusieurs marchés, de Lagos à Lyon.

Fermer la boucle entre la donnée et la monétisation

La logique de l’opération est verticale. Avec plus de 8 millions d’utilisateurs actifs sur six pays -Algérie, Maroc, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Afrique du Sud -Yassir génère une masse considérable de données comportementales : mobilité, commandes, paiements. En internalisant un trading desk programmatique, la plateforme se donne les moyens de monétiser cette donnée first-party, sans passer par des intermédiaires.

L’objectif étant de construire un réseau de retail media, sur le modèle qu’Amazon a imposé aux États-Unis : vendre aux marques un accès ciblé à ses propres utilisateurs, via une infrastructure publicitaire propriétaire couvrant le web ouvert, la télévision connectée et le mobile. Kawarizmi continuera d’opérer comme entité autonome au sein du groupe.

Une série d’acquisitions qui dessine un écosystème intégré

Cette opération s’inscrit dans une séquence d’acquisitions engagée depuis 2023. En septembre de cette année, Yassir avait repris la filiale française de la plateforme de livraison express Flink, placée en redressement judiciaire, pour 5 millions d’euros -sauvant plus de 270 emplois. C’était la première acquisition d’une entreprise européenne par une startup algérienne.

En juin 2024, Yassir avait absorbé KooL, startup tunisienne leader de la livraison de repas dans la banlieue nord de Tunis. Plus récemment, début mars 2026, la société a racheté la chaîne d’hypermarchés Uno au groupe Cevital, qui a été rebaptisé Yassir Market et d’y intégrer l’ensemble de son écosystème digital -paiement, fidélité, e-commerce -en réponse directe au retrait de Jumia Algérie.

Une valorisation qui approche le milliard de dollars

Fondée en 2017 par Noureddine Tayebi et El Mahdi Yettou, Yassir a levé 193 millions de dollars depuis sa création, dont 150 millions lors d’une Série B menée par le fonds BOND en 2022. Sa valorisation est estimée à plus d’un milliard de dollars selon certaines sources médiatiques , un seuil que la société n’a pas officiellement confirmé.

L’ambition est désormais lisible : une super-app qui couvre la mobilité, la livraison, la grande distribution, les services financiers et la publicité. Un circuit fermé, où chaque brique renforce les autres. Le pari est cohérent. Son exécution, notamment sur le segment retail physique -à marges serrées et capital-intensif -reste le véritable test.

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