Afrique : l’IA devient-elle une nouvelle fabrique de riches ?

Le Wealth Report 2026 de Knight Frank confirme une progression continue des grandes fortunes africaines, portée notamment par l'Afrique du Sud, l'Égypte et le Maroc. Mais le rythme reste très en retrait de la dynamique mondiale, où les gains technologiques et l'intelligence artificielle jouent un rôle de premier plan, sans que le rapport établisse ce même lien pour le continent africain.

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Lagos, mégapole nigériane et pôle économique majeur, où se concentre une part croissante des grandes fortunes africaines selon le Wealth Report 2026 de Knight Frank. ©Pexels

Le nombre d’Africains disposant d’un patrimoine d’au moins 30 millions de dollars, les « Ultra High Net Worth Individuals » (UHNWI) dans le jargon des gestionnaires de fortune, devrait passer de 7 322 en 2026 à 8 412 en 2031, selon Knight Frank. Une hausse de 15 % sur cinq ans.

Le chiffre paraît solide. Il l’est moins une fois rapporté au reste du monde. Sur la même période, l’Amérique du Nord doit progresser de 53 %, le Moyen-Orient de 32,1 % et l’Asie-Pacifique de 24,2 %. Résultat : la part de l’Afrique dans le total mondial des UHNWI, déjà marginale, recule légèrement, de 1 % à 0,9 % d’ici 2031.

Le nombre de milliardaires africains suit la même trajectoire modeste : 18 en 2021, 27 aujourd’hui, 37 attendus en 2031, soit +37 %. Sur 3 110 milliardaires recensés dans le monde en 2026, l’Afrique en compte 27. Sa part reste stable, autour de 0,9 %.

L’Afrique du Sud, l’Égypte et le Maroc en tête

Trois pays concentrent l’essentiel de la richesse ultra-fortunée du continent. L’Afrique du Sud domine avec 1 347 UHNWI en 2026, un chiffre que Knight Frank projette à 1 564 d’ici 2031. Le pays devrait aussi voir son nombre de milliardaires passer de 10 à 14, une progression de 40 % qui le place dans le top 15 mondial des croissances les plus rapides, aux côtés de l’Arabie saoudite (23 à 65 milliardaires) ou de la Suède (32 à 58).

L’Égypte suit avec 822 UHNWI, projetés à 977 en 2031. Le Maroc complète le trio, avec une population de grandes fortunes passée de 305 en 2021 à 432 en 2026, et attendue à 550 d’ici 2031, une progression que le rapport attribue à la diversification économique et au développement des secteurs financier et immobilier marocains.

Le moteur mondial reste la tech, pas encore l’Afrique

À l’échelle planétaire, Knight Frank est catégorique sur l’origine de l’accélération des fortunes. Le nombre de personnes très fortunées est passé de 551 435 en 2021 à 713 626 en 2026, soit 162 191 nouveaux UHNWI en cinq ans, ou 89 par jour. Les États-Unis en concentrent 41 %, portant leur part mondiale de 33 % à 35 %, avec une projection à 41 % d’ici 2031.

« La capacité à développer une entreprise n’a jamais été aussi grande. Cela a favorisé la possibilité de faire rapidement fortune, grâce à la technologie et à l’IA », a déclaré Liam Bailey, directeur de la recherche chez Knight Frank, cité dans le rapport.

Le propos vise la dynamique mondiale : plateformes technologiques américaines, écosystèmes d’intelligence artificielle, biotech. Le rapport ne l’applique à aucun moment aux fortunes africaines.

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