Le nombre d’Africains disposant d’un patrimoine d’au moins 30 millions de dollars, les « Ultra High Net Worth Individuals » (UHNWI) dans le jargon des gestionnaires de fortune, devrait passer de 7 322 en 2026 à 8 412 en 2031, selon Knight Frank. Une hausse de 15 % sur cinq ans.
Le chiffre paraît solide. Il l’est moins une fois rapporté au reste du monde. Sur la même période, l’Amérique du Nord doit progresser de 53 %, le Moyen-Orient de 32,1 % et l’Asie-Pacifique de 24,2 %. Résultat : la part de l’Afrique dans le total mondial des UHNWI, déjà marginale, recule légèrement, de 1 % à 0,9 % d’ici 2031.
Le nombre de milliardaires africains suit la même trajectoire modeste : 18 en 2021, 27 aujourd’hui, 37 attendus en 2031, soit +37 %. Sur 3 110 milliardaires recensés dans le monde en 2026, l’Afrique en compte 27. Sa part reste stable, autour de 0,9 %.
L’Afrique du Sud, l’Égypte et le Maroc en tête
Trois pays concentrent l’essentiel de la richesse ultra-fortunée du continent. L’Afrique du Sud domine avec 1 347 UHNWI en 2026, un chiffre que Knight Frank projette à 1 564 d’ici 2031. Le pays devrait aussi voir son nombre de milliardaires passer de 10 à 14, une progression de 40 % qui le place dans le top 15 mondial des croissances les plus rapides, aux côtés de l’Arabie saoudite (23 à 65 milliardaires) ou de la Suède (32 à 58).
L’Égypte suit avec 822 UHNWI, projetés à 977 en 2031. Le Maroc complète le trio, avec une population de grandes fortunes passée de 305 en 2021 à 432 en 2026, et attendue à 550 d’ici 2031, une progression que le rapport attribue à la diversification économique et au développement des secteurs financier et immobilier marocains.
Le moteur mondial reste la tech, pas encore l’Afrique
À l’échelle planétaire, Knight Frank est catégorique sur l’origine de l’accélération des fortunes. Le nombre de personnes très fortunées est passé de 551 435 en 2021 à 713 626 en 2026, soit 162 191 nouveaux UHNWI en cinq ans, ou 89 par jour. Les États-Unis en concentrent 41 %, portant leur part mondiale de 33 % à 35 %, avec une projection à 41 % d’ici 2031.
« La capacité à développer une entreprise n’a jamais été aussi grande. Cela a favorisé la possibilité de faire rapidement fortune, grâce à la technologie et à l’IA », a déclaré Liam Bailey, directeur de la recherche chez Knight Frank, cité dans le rapport.
Le propos vise la dynamique mondiale : plateformes technologiques américaines, écosystèmes d’intelligence artificielle, biotech. Le rapport ne l’applique à aucun moment aux fortunes africaines.


