Aid El Adha 2026 : la viande atteint des prix records, les consommateurs sous pression

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À la veille de l’Aïd El Adha, les familles algériennes ont l’habitude d’acheter de la viande rouge, mais cette année, les prix connaissent une forte hausse.

À quelques jours de l’Aïd El Adha, les marchés et les boucheries connaissent une forte affluence dans plusieurs villes du pays. Comme chaque année, des milliers de familles algériennes se préparent pour les fêtes. Certains achètent encore quelques kilos de viande avant l’Aïd. D’autres cherchent du mouton chez les bouchers pour éviter les dépenses d’un sacrifice complet.

Mais cette année, les prix ont surpris beaucoup de consommateurs. Dans certaines régions, le kilo de viande bovine a dépassé les 2600 dinars. Chez certains détaillants, le mouton découpé a même atteint 3500 dinars le kilo. Une hausse qui intervient malgré l’importation de près d’un million de têtes ovines ces derniers mois.

Dans les marchés, les discussions tournent autour du même sujet : pourquoi la viande reste aussi chère ?

« Le bon bœuf devient rare » : les bouchers inquiètent

Dans une boucherie de la périphérie de Tizi-Ouzou , les clients regardent les prix avec hésitation. Certains repartent avec quelques morceaux seulement. D’autres préfèrent attendre. Derrière son comptoir, un boucher explique que la situation devient compliquée même pour les professionnels.

« Cela fait plusieurs jours que le prix de la viande est en hausse. Il faut savoir que le bœuf devient de plus en plus rare, je parle de la bonne qualité. Il y a des jours où je suis obligé de chercher toute la journée auprès des éleveurs pour trouver un bœuf à acheter », raconte-t-il. Selon lui, la hausse des prix du fourrage et de l’aliment du bétail pèse lourdement sur toute la filière.

« Même les éleveurs, suite à la hausse des frais du foin et de l’aliment, exagèrent pour récupérer leur argent. Et je pense que cette situation va s’intensifier dans les prochains mois », ajoute-t-il. Dans certaines boucheries, les prix changent presque chaque semaine. Les professionnels parlent d’un marché instable, sans réelle visibilité sur les semaines à venir.

Les éleveurs dénoncent « une anarchie » dans le secteur

Du côté des éleveurs, le discours est également tendu. Beaucoup estiment qu’ils sont les premiers à subir les déséquilibres du marché. Un éleveur décrit une situation qu’il juge injuste. « Je suis éleveur depuis des années. Il y a une vraie anarchie dans ce secteur de la viande », affirme-t-il.

Puis il donne un exemple précis : « Quand moi je vends mon bœuf dans l’abattoir, le foie est offert pour le boucher. Nous, on ne reçoit rien de ça. Mais tu le trouves vendu à partir de 3000 dinars le kilo alors que ce n’est pas logique ». L’éleveur affirme aussi que les prix pratiqués dans les marchés de gros sont loin des tarifs affichés chez certains détaillants.

« Au marché de gros, on vend selon la qualité de notre bœuf jusqu’à 2000 dinars. Mais il y a des endroits où il est affiché à 2600 dinars. Il y a un manque terrible de contrôle sur les prix », explique-t-il. Pour lui, cette situation pénalise surtout les familles modestes. « On dirait qu’on travaille seulement pour enrichir les bouchers, alors que les gens des petites bourses ne peuvent même plus acheter de viande », regrette-t-il.

Les consommateurs cherchent des alternatives moins chères

Face à cette flambée des prix, plusieurs consommateurs se tournent vers la viande importée. Mais même cette solution devient difficile. Dans plusieurs marchés, la viande espagnole, qui était proposée auparavant entre 1000 et 1200 dinars, dépasse désormais les 1700 dinars avec os.

Un client rencontré devant une boucherie raconte sa déception. « J’ai acheté cette viande ce matin à 1700 dinars avec os. La viande espagnole sans os est à partir de 2000 dinars. Même cette dernière, qui était un refuge pour nous, n’est plus loin de la viande locale », dit-il. Pour beaucoup de familles, les dépenses liées à l’Aïd deviennent lourdes. Entre le mouton, les vêtements, les gâteaux et les courses.

Yacine Oualid mise sur de nouveaux projets pour stabiliser le marché

Face à cette crise persistante, le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, a reconnu à plusieurs reprises que le dossier de la viande rouge reste difficile à maîtriser. Le gouvernement tente aujourd’hui d’agir sur plusieurs fronts. Parmi les projets mis en avant figure celui de Bladna à Ouargla, mais aussi le partenariat avec le groupe Italien BF, qui prévoit également un volet consacré à la viande rouge. Les autorités ont aussi récemment autorisé l’importation de moutons depuis le Niger. Un pays qui alimente déjà plusieurs régions du sud algérien en viande bovine.

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