Les prix du rond à béton flambent en Algérie, au grand désarroi des entreprises de construction et des porteurs de projets. La hausse, qui s’installe progressivement, commence à peser lourdement sur les coûts de réalisation et fait craindre de nouvelles répercussions sur l’ensemble du secteur du BTPH.
D’après plusieurs vidéos et témoignages récemment publiés sur les réseaux sociaux par des professionnels du bâtiment, il ne s’agit désormais plus d’une simple variation ponctuelle ou d’un ajustement conjoncturel. Les prix affichés sur le marché témoignent plutôt d’une tendance haussière qui semble s’inscrire dans la durée.
Le rond à béton 12 passe de 9 500 à plus de 12 000 DA le quintal
Selon ces témoignages, le prix du rond à béton de 12 mm a fortement augmenté en l’espace de deux ans. Il était proposé autour de 9 500 dinars le quintal durant l’été 2024.
En août 2026, son prix se situe désormais entre 12 000 et 12 400 dinars le quintal, avec des niveaux pouvant atteindre 12 500 dinars dans certaines localités.
La progression atteint ainsi au minimum 2 500 dinars par quintal, soit une hausse d’environ 26,3 % par rapport au niveau observé durant l’été 2024.
La pression concerne également les autres diamètres. Les professionnels font état d’une augmentation comparable pour le rond à béton de 14 et de 16 mm, deux produits largement utilisés dans les différents travaux de construction.
Pour les entreprises et les particuliers engagés dans des projets de construction, cette évolution représente une charge supplémentaire considérable. Plus les quantités nécessaires sont importantes, plus l’impact de cette hausse sur le coût global du chantier devient significatif.
Un scénario qui rappelle la flambée de 2022
Cette nouvelle flambée rappelle aux professionnels du secteur la forte hausse enregistrée en 2022, dans le sillage du déclenchement de la guerre en Ukraine. À cette époque, les prix de nombreux matériaux de construction avaient atteint des niveaux records sur les marchés internationaux, avec des répercussions également en Algérie.
La situation actuelle ravive donc les inquiétudes des opérateurs du secteur, particulièrement dans un contexte où le coût de nombreux intrants de construction demeure déjà élevé.
« Les coûts de réalisation vont exploser »
Afin de confronter les témoignages circulant sur les réseaux sociaux à la réalité du terrain, nous avons pris attache avec un bureau d’études d’architecture basé à Béjaïa.
Son directeur nous a confirmé la hausse des prix du rond à béton. Selon lui, le maintien de cette tendance pourrait avoir des conséquences importantes sur l’activité du BTPH en Algérie.
« Les coûts de réalisation vont exploser », estime-t-il, avant de souligner que cette situation pourrait également finir par se répercuter sur les prix des logements neufs.
Notre interlocuteur se montre particulièrement préoccupé par la possibilité d’une prolongation de cette tendance. Il va jusqu’à évoquer le risque d’une crise dans le secteur si la hausse devait se poursuivre. « La poursuite de cette tendance haussière pourrait engendrer une crise dans le secteur du BTPH. Ce secteur, rappelons-le, est relié à tous les secteurs d’activité. Si le bâtiment va, tout va », affirme le directeur du bureau d’études.
Pour les professionnels, l’évolution des prix du rond à béton sera donc à surveiller de près dans les prochaines semaines. Une poursuite de la hausse pourrait rapidement transformer l’augmentation du coût d’un matériau en une pression plus large sur les budgets des projets, les entreprises de construction et, à terme, sur le prix final de l’immobilier neuf.


