Deux ans après le séisme médiatique et international provoqué par sa célèbre pâte à tartiner, le groupe algérien CEBON (El Mordjene) poursuit sa mue. Présente au Salon International de l’Industrie Agroalimentaire pour l’Afrique, (IFSA Africa 2026), tenu du 9 au 11 de ce mois de juin, à Tunis, l’entreprise ne vient pas seulement chercher des clients : elle valide sur le terrain une transformation industrielle et réglementaire profonde engagée ces dernières années.
Par les temps qui courent, un succès médiatique ne suffit plus à faire une stratégie d’exportation durable. Amine Ouzlifi, responsable des exportations du groupe CEBON, en est le premier conscient. Rencontré dans les allées du salon de Tunis, il dresse un bilan largement positif de cette participation : « Cet événement nous a permis de mesurer la forte perception de la marque sur le marché tunisien, mais aussi de nouer des contacts avec des opérateurs de plusieurs pays. »
Le tournant de 2024 : de la diaspora au marché mondial
Pour comprendre la métamorphose de CEBON, il faut jeter un œil dans le rétroviseur. Fondée en 1997, l’entreprise est restée pendant près de deux décennies essentiellement centrée sur le marché national algérien, n’exportant que timidement vers la diaspora en France, aux États-Unis ou au Canada.
Tout bascule en 2024. Le succès planétaire et soudain d’El Mordjene sature l’espace médiatique… avant de se heurter de plein fouet aux réalités douanières. On se souvient du blocage du produit aux frontières européennes. Loin de freiner le groupe, cet épisode a agi comme un accélérateur.
Ce qui a (vraiment) changé
Pour répondre aux exigences des marchés internationaux, CEBON a dû faire évoluer son organisation en profondeur.
« L’exportation ne repose pas uniquement sur la qualité du produit, mais aussi sur la capacité à répondre à l’ensemble des exigences administratives et techniques des marchés ciblés », explique-t-il à Maghre Emergent.
Concrètement, l’effort a d’abord porté sur la refonte des packagings et de l’étiquetage pour coller scrupuleusement aux normes d’information des consommateurs de chaque pays. Parallèlement, l’entreprise s’est engagée dans une véritable course aux certifications internationales. Il s’agit, selon monsieur Ouzlifi, d’un processus complexe qui a parfois poussé les organismes certificateurs algériens eux-mêmes à développer de nouvelles procédures pour accompagner l’industriel.
Ces efforts portent aujourd’hui leurs fruits. En décrochant notamment le précieux sésame de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, la marque a pu solidement s’implanter en Amérique du Nord, tout en élargissant sa présence au Moyen-Orient et en Afrique.


