Asile en Espagne : 95 % de décisions négatives pour les Marocains, 91 % pour les Algériens

A Ceuta, ceux qui ne sont pas « rentrés » au Maroc réclament l’obtention de l’asile politique à l’Espagne. Avec des chances faibles de l’obtenir, comme en témoigne le niveau de rejet des demandes déposées par des Marocains et des Algériens.

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"Queremos asilo": A Ceuta, des migrants entrés dans la récente vague réclament l'asile politique à l'Espagne (dr)

Les statistiques espagnoles de l’asile montrent en effet la très faible proportion de décisions favorables concernant les ressortissants marocains et algériens. En 2025, environ 95 % des décisions rendues concernant des demandeurs marocains et 91 % de celles concernant des Algériens ont été défavorables, selon les données de l’Office espagnol de l’asile et des réfugiés.

Ces chiffres prennent une résonance particulière à Ceuta, où plusieurs centaines de migrants présents dans l’enclave espagnole ont manifesté dimanche sur une plage pour réclamer le droit de demander l’asile et s’opposer à leur retour au Maroc. Ils font partie des milliers de personnes entrées dans la ville lors des récents mouvements migratoires et qui ne sont pas retournées au Maroc.

144 000 demandes en 2025


L’Espagne a enregistré près de 144 000 demandes de protection internationale en 2025, un volume très largement dominé par les ressortissants d’Amérique latine, notamment du Venezuela, de Colombie et du Pérou. Les demandes marocaines et algériennes restent, en comparaison, limitées : 3 003 demandes initiales de ressortissants marocains et 319 de ressortissants algériens ont été enregistrées au cours de l’année.

Les taux de décisions défavorables ne doivent toutefois pas être interprétés comme le taux de rejet des demandes déposées en 2025. Les décisions rendues au cours d’une année peuvent concerner des demandes introduites les années précédentes. Ils donnent néanmoins une indication claire du faible niveau de reconnaissance de la protection internationale pour ces deux nationalités.
La situation juridique du Maroc et de l’Algérie n’est par ailleurs pas identique. Depuis février 2026, le Maroc figure sur la liste européenne des pays d’origine sûrs. L’Algérie ne figure pas sur cette liste européenne. Cette différence n’empêche pas le rejet d’une demande algérienne lorsque son auteur ne démontre pas l’existence de risques personnels justifiant l’octroi d’une protection.

À Ceuta, les autorités espagnoles doivent désormais examiner les éventuelles demandes d’asile tout en poursuivant la gestion des milliers de personnes encore présentes dans l’enclave et les procédures de retour vers le Maroc. Le dépôt d’une demande ne garantit pas en lui-même le droit de rester en Espagne : chaque dossier doit être examiné individuellement. Pour les ressortissants marocains et algériens, les statistiques disponibles montrent cependant que les décisions favorables restent très minoritaires.

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