Béjaïa et Sétif : les incendies frappent le berceau de la figue sèche de Beni Maouche

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La figue sèche de Beni Maouche

Les incendies de forêt qui ravagent depuis trois jours les massifs montagneux des wilayas de Béjaïa et de Sétif risquent d’avoir de lourdes conséquences sur la production de la célèbre figue sèche de Beni Maouche, l’un des produits agricoles les plus emblématiques et les plus valorisés d’Algérie. Des dizaines d’hectares de vergers, dont de nombreux figuiers, ont été détruits par les flammes, compromettant une partie de la prochaine récolte.

Les communes de Beni Maouche, Beni Djellil, Beni Ouarthilène et Beni Mohli, parmi les plus touchées par les incendies, figurent également parmi les principaux bassins de production de la figue sèche de Beni Maouche. Ces localités constituent le cœur de cette filière agricole réputée pour la qualité exceptionnelle de ses fruits.

Des exploitations entières réduites en cendres

Contacté par notre rédaction, Omar Bekkouche, élu local à la commune de Beni Maouche, a confirmé l’importance des dégâts causés par les incendies. « Les flammes ont malheureusement réduit en cendres des exploitations entières de figuiers », a-t-il déclaré.

Selon notre interlocuteur, ces incendies portent un sérieux coup à une activité agricole qui représente une source essentielle de revenus pour de nombreuses familles de la région.

En revanche, il estime qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan précis des pertes. « Il est prématuré de parler de bilan. Il faut d’abord éteindre tous les incendies avant de procéder au recensement des dégâts », a-t-il ajouté. Les autorités et les agriculteurs devront attendre la fin des opérations d’extinction pour évaluer avec précision les superficies détruites et le nombre de figuiers touchés.

Une production emblématique menacée

La figue sèche de Beni Maouche bénéficie d’une forte réputation grâce à ses qualités gustatives et à son mode de séchage traditionnel. Son label couvre 22 communes réparties entre le sud-est de la wilaya de Béjaïa et le nord de la wilaya de Sétif, une région reconnue comme le principal terroir de production de figues en Algérie.

Chaque année, des milliers de producteurs exploitent des vergers familiaux dont une grande partie est implantée sur des terrains montagneux particulièrement exposés aux incendies durant la saison estivale.

Ces nouveaux feux viennent ainsi fragiliser une filière déjà confrontée aux effets récurrents des incendies de forêt. En effet, chaque été, les flammes détruisent une partie du couvert végétal et réduisent progressivement les superficies consacrées à la culture du figuier, compromettant le renouvellement des vergers.

La figue sèche de Beni Maouche, le fruit algérien le plus cher

La destruction de nombreux vergers pourrait également avoir des répercussions économiques sur le marché de la figue sèche.

La figue sèche de Beni Maouche est aujourd’hui considérée comme le fruit algérien le plus cher sur les marchés nationaux. Selon les qualités et les calibres, le premier choix est commercialisé entre 2 500 et 3 500 dinars le kilogramme, un niveau de prix qui reflète la rareté du produit, son mode de production artisanal et la forte demande des consommateurs.

Si les dégâts provoqués par les incendies se confirment après les opérations de recensement, la baisse de la production pourrait accentuer la tension sur les disponibilités et soutenir davantage les prix lors de la prochaine campagne de commercialisation.

Une filière stratégique à préserver

Au-delà des pertes matérielles immédiates, ces incendies rappellent la vulnérabilité d’une filière agricole emblématique du sud-est de Béjaïa et du nord de Sétif. Dans ces régions, la culture du figuier constitue non seulement un patrimoine agricole ancestral, mais également une activité économique essentielle pour de nombreux exploitants.

Les professionnels du secteur espèrent désormais une maîtrise rapide des incendies afin de limiter les dégâts sur les vergers encore épargnés. Une fois les feux totalement éteints, les services concernés pourront établir un état des lieux précis de l’ampleur des pertes et évaluer les mesures d’accompagnement qui pourraient être nécessaires pour soutenir les producteurs sinistrés.

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