Bourse d’Alger : les ordres explosent, mais les échanges reculent au premier semestre 2026

La Bourse d'Alger a enregistré une nette progression de son activité au premier semestre 2026, sans que cette hausse ne se traduise par davantage de capitaux échangés, le nombre d'ordres ayant bondi de 229 % quand la valeur des transactions reculait de 39 %.

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Le siège de la Bourse d'Alger, dans le centre-ville de la capitale. (DR)
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Selon le rapport semestriel d’activité 2026 de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), la capitalisation boursière de la place algéroise s’établissait à 743,64 milliards de dinars au 30 juin 2026, en repli de 1,85 milliard de dinars, soit 0,25 %, par rapport au 30 juin 2025. Le marché reste dominé par les deux banques publiques cotées, le Crédit populaire d’Algérie (CPA) avec 460 milliards de dinars et la Banque de développement local (BDL) avec 206,36 milliards de dinars. Biopharm, avec 64,06 milliards de dinars, arrive en troisième place.

Dans le même temps, le nombre d’ordres passés sur le marché secondaire a explosé : au premier semestre, 49 811 ordres ont été passés, contre 15 156 à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 229 %.

Cette forte augmentation de l’activité ne se retrouve cependant pas dans le volume des transactions : si le nombre de transactions a bien augmenté de 10 % (2 060 à 2 268), le volume lui est resté stable. C’est la valeur de ces transactions qui décroche. Elle chute de 39 % pour tomber à 2,75 milliards de dinars, contre 4,53 milliards de dinars un an plus tôt. Le marché conclut donc davantage d’opérations, mais pour des montants unitaires nettement plus faibles.

Le détail des ordres éclaire ce décrochage. Les ordres d’achat ont reculé de 72 %, passant de 9,8 millions à 2,77 millions, pendant que les ordres de vente bondissaient de 201 %, à 57,42 millions. L’activité s’est donc portée bien davantage sur la vente que sur l’achat, ce qui explique en grande partie pourquoi la multiplication des ordres ne s’est pas traduite par une hausse des sommes échangées.

Le volume de titres réellement transigés confirme ce repli : 1,85 million de titres au premier semestre 2026, contre 2,18 millions un an plus tôt, soit une baisse de 15 %.

Le marché reste par ailleurs très concentré. Le CPA a généré 1,43 milliard de dinars de valeur transigée sur le semestre, devant la BDL avec 1,10 milliard. Biopharm arrive loin derrière, avec environ 100 millions de dinars échangés. À eux seuls, le CPA et la BDL représentent près de 90 % de la capitalisation totale de la place algéroise, un poids qui traduit la dépendance persistante du marché aux valeurs bancaires publiques.

La COSOB cherche à élargir la base des émetteurs

Face à cette faible profondeur, la COSOB poursuit la modernisation du cadre réglementaire et la diversification des instruments de financement disponibles. Le régulateur a renforcé les règles de divulgation de l’information financière des sociétés cotées et publié plusieurs instructions précisant les données à communiquer au marché.

Il cherche aussi à élargir l’accès à la cote pour de nouveaux acteurs. Entre 2026 et 2028, les startups labellisées bénéficient d’une dispense exceptionnelle des frais d’introduction en Bourse pour les levées de fonds réalisées sur le compartiment « Croissance », dans la limite de 500 millions de dinars.

La COSOB a par ailleurs accordé au CPA un agrément lui permettant d’exercer l’ensemble des neuf activités d’intermédiation en Bourse prévues par la réglementation. Des agréments ont également été délivrés à Tell Markets et à l’ANVREDET, portés au rang de promoteurs en Bourse.

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