Croissance du PIB en PPA : pourquoi l’Algérie court plus vite mais n’avance pas dans le classement mondial ?

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Le Fonds monétaire international (FMI) vient d’actualiser ses projections pour 2026 : le PIB algérien, mesuré en parité de pouvoir d’achat, atteint 915,79 milliards de dollars internationaux. Le pays se classe 38ᵉ sur 192 économies recensées, et 4ᵉ à l’échelle du continent africain. Un chiffre en hausse, une position qui bouge peu.

Une croissance qui ne se dément pas depuis cinq ans

Le vrai signal n’est pas le niveau atteint en 2026, c’est la trajectoire qui y mène. Depuis le creux de 2020- année où le PIB PPA algérien avait chuté de 7,2% sous l’effet conjugué de la pandémie et de l’effondrement des prix pétroliers, à 558,3 milliards de dollars- la remontée est ininterrompue. 2021 : +16,2%. 2022 : +11%. 2023 : +8%. 2024 : +6,3%. 2025 : +5,9%. Et pour 2026, le FMI table sur +4,7%.

Cinq années de croissance à deux chiffres puis en décélération contrôlée. C’est le schéma classique d’un rebond post-crise qui s’essouffle progressivement pour retrouver un rythme de croisière plus modeste. Le FMI projette d’ailleurs une nouvelle décélération pour 2027, à +4,5%, pour un PIB PPA de 956,75 milliards de dollars.

Ce que la PPA mesure vraiment

La parité de pouvoir d’achat n’est pas le PIB nominal qu’on lit dans les communiqués officiels. Elle corrige les écarts de prix entre pays pour comparer ce que produisent réellement les économies, indépendamment des taux de change. C’est l’indicateur que le FMI utilise pour classer les pays par taille économique réelle, pas par valeur de leur monnaie sur les marchés des changes.

Concrètement, cela veut dire que le classement à la 38ᵉ place ne dit rien sur la force du dinar ni sur les réserves de change. Il dit ce que l’économie algérienne produit et consomme, ajusté au coût de la vie local.

Une économie multipliée par quatre en 26 ans, mais un classement figé

En 2000, le PIB PPA algérien s’élevait à 227,19 milliards de dollars. Il a donc plus que quadruplé en un quart de siècle, avec un taux de croissance annuel composé de 5,5% sur la période. C’est solide. Mais la place dans le classement mondial n’a pratiquement pas bougé, parce que les autres économies croissent aussi, souvent plus vite.

Regardez l’écart avec le peloton de tête : la Chine pèse 44,3 billions de dollars en PPA, les États-Unis 32,38 billions, l’Inde 18,9 billions. Même la France, dixième économie asiatique-européenne du classement au sens large avec 4,73 billions, pèse plus de cinq fois le poids économique algérien. L’Algérie ne joue pas dans cette catégorie et ne prétend pas y jouer. Elle se situe dans le groupe des économies moyennes, coincée entre des pays dont la taille démographique ou les ressources naturelles jouent un rôle comparable.

Ce que cela change, concrètement

Pour un lecteur qui n’est pas économiste : un PIB PPA en hausse constante depuis 2020 signifie que la capacité de production du pays-hors effet de change, hors inflation importée-progresse année après année. Ce n’est pas rien après le choc de 2020. Mais un rang mondial qui stagne malgré cette croissance rappelle une évidence : la compétition économique mondiale ne se joue pas en vase clos. Une croissance de 5% par an est excellente dans l’absolu et insuffisante pour grimper dans un classement où l’Inde, l’Indonésie ou le Brésil avancent au même rythme, voire plus vite, avec des bases démographiques et industrielles autrement plus larges.

Le ralentissement projeté pour 2026-2027 (de +5,9% en 2025 à +4,5% en 2027) mérite d’être suivi de près dans les prochains rapports du FMI. S’il se confirme, il posera la question classique des économies dépendantes des hydrocarbures : la croissance post-crise portée par le rattrapage et les prix de l’énergie a ses limites, et la diversification reste le chantier qui déterminera si l’Algérie peut transformer une décennie de rebond en progression durable dans le classement mondial.

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