La situation des stocks de dattes inquiète de plus en plus les producteurs de Biskra et de Tolga. Alors que la nouvelle campagne a déjà commencé pour certaines variétés, une partie de la récolte précédente reste encore dans les chambres froides. Les producteurs doivent ainsi gérer en même temps les anciennes quantités invendues et l’arrivée des nouvelles récoltes.
Face à cette situation, le député à l’Assemblée populaire nationale, Noui Abderrahmane, a interpellé le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Dans une lettre adressée le 10 août 2026 au ministre, le député demande une intervention rapide pour aider les agriculteurs à écouler leurs stocks. Il met surtout en avant les charges qui continuent de peser sur les producteurs.
Des producteurs qui accumulent les charges
Dans sa lettre, le député décrit une situation devenue difficile pour plusieurs agriculteurs. Certains producteurs ont été contraints de conserver leurs dattes pendant une longue période. Cette décision leur a permis de préserver leur récolte. Mais elle a aussi entraîné de nouvelles dépenses.
Les factures d’électricité augmentent. Les chambres froides doivent fonctionner en permanence, notamment durant la période de chaleur. À cela s’ajoutent les frais d’entretien, de gardiennage et de transport. Ces charges viennent s’ajouter aux coûts déjà supportés pour produire la récolte.
Le problème est encore plus important lorsque les dattes ne sont pas vendues à un prix permettant de couvrir l’ensemble de ces dépenses. Le député estime que la situation risque de devenir plus difficile avec l’arrivée de la nouvelle campagne. La question est donc double. Comment écouler les stocks encore disponibles ? Et comment éviter que de nouvelles quantités viennent s’ajouter à celles qui sont déjà conservées ?
Dans sa lettre, Noui Abderrahmane demande ainsi au ministre de « prendre en charge cette préoccupation dans les plus brefs délais ».
Commercialisation, exportation et mécanisme de soutien
Le député avance plusieurs pistes pour sortir de cette situation. La première concerne la commercialisation. Il demande d’accélérer les opérations permettant d’écouler les stocks existants. Il appelle également à renforcer les exportations et à « ouvrir de nouveaux marchés ».
Pour réduire la pression sur le marché national et de donner aux producteurs davantage de possibilités pour vendre leurs récoltes. Le député propose aussi d’étudier une éventuelle intervention de l’État ou des organismes concernés pour acheter ou compenser une partie des quantités stockées.
Il demande que cette intervention se fasse « à un prix équitable et acceptable », en tenant compte des coûts de production et de stockage. Pour lui, l’objectif est également de préserver une marge suffisante pour permettre aux agriculteurs de maintenir leurs revenus.
Au-delà de l’urgence actuelle, la lettre propose la création d’un mécanisme durable de gestion des stocks. Ce dispositif permettrait d’intervenir avant que les stocks ne deviennent trop importants. Il pourrait aussi aider les producteurs à mieux faire face aux fluctuations du marché.
Le député estime que l’abondance de la production ne doit pas devenir un problème. Elle peut au contraire être transformée en opportunité pour développer les exportations et créer davantage de richesse.
La nouvelle campagne arrive avec des stocks encore pleins
La question devient urgente avec le lancement de la nouvelle campagne de collecte depuis le début du mois d’août. Plusieurs agriculteurs n’ont pas encore réussi à vendre leurs anciennes récoltes. Certaines chambres froides restent donc occupées par des stocks qui attendent encore preneur.
La situation risque ainsi de créer une nouvelle accumulation. Pour les producteurs, les charges continuent de tomber. L’électricité, la réfrigération, l’entretien et le transport doivent être payés. Mais les bénéfices restent bloqués tant que les dattes ne sont pas vendues.


