Dimanche 27 septembre, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu à Alger les membres du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, à l’issue de leur première réunion de travail. Cette fois-ci, le message passe entre une communauté scientifique dispersée dans le monde entier et la volonté de l’État de faire entrer sa diaspora scientifique dans le circuit décisionnel.
Le calendrier a été serré. Le 21 juin, le Conseil des ministres approuve la création de l’organe. Le 28 juin, la réunion constitutive se tient au pôle scientifique de Sidi Abdellah, avec 31 membres, dont 7 en visioconférence. Le décret présidentiel 26-293 du 7 septembre fixe ensuite le cadre : un organe consultatif placé auprès du chef de l’État, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, et siégeant à Alger.
Ce qui est attendu de ce Haut Conseil
Face à ses pairs de la communauté scientifique nationale, le coordinateur du Haut-conseil, Pr Elias Zerhouni, a précisé que cette instance doit proposer des mécanismes durables pour relier les compétences de l’étranger à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation. Il doit également éclairer les projets « à priorité nationale » et assurer une veille technologique avancée. Ses avis, études et rapports annuels iront directement à la Présidence.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Kamel Baddari, a résumé, pour sa part, l’ambition : passer « de relations ponctuelles et de contacts sporadiques à un partenariat institutionnel permanent ». Il a désigné cinq terrains : cybersécurité, sécurité énergétique, sécurité sanitaire, sécurité alimentaire et sécurité hydrique.
Le coordinateur, Elias Zerhouni, a remis au président une feuille de route sur douze mois. Il écarte toute initiative menée sans la participation de chercheurs installés en Algérie et veut élargir le vivier à l’ensemble de la communauté qualifiée expatriée.
Qui siège ?
Elias Zerhouni (génie biomédical) coordonne. Le physicien Noureddine Melikechi est vice-coordinateur. On y trouve aussi Yasmine Belkaid, directrice générale de l’Institut Pasteur, Karim Zaghib, spécialiste des batteries au lithium, et Belgacem Haba, inventeur. La liste publiée par plusieurs médias nationaux couvrant l’informatique, l’intelligence artificielle, la biologie, la géophysique, le génie civil et les sciences de l’environnement. Les membres vivent notamment aux États-Unis, en France, en Suède et en Australie…
D’après le décret, le Conseil compte 39 membres bénévoles : 30 scientifiques établis à l’étranger, six représentants ministériels (Défense, Affaires étrangères, Finances, Enseignement supérieur, Santé, Économie de la connaissance) et trois dirigeants d’entreprises algériennes domiciliées à l’étranger.
Le vrai test
L’initiative est bien accueillie sur les réseaux sociaux, mais l’essentiel reste à démontrer. Créer une structure ne suffit pas, soulignent des observateurs : la réussite dépendra du climat propice à l’innovation, du financement de la recherche et de passerelles concrètes avec les institutions (ministères, universités, entreprises publiques et privées). À ce stade, aucune annonce sur le budget du Conseil ni sur la liste de ses premiers dossiers.


