Une réunion interministérielle tenue le 14 avril à Alger a réuni les dirigeants de Sonatrach, d’ADC, de l’ADE et de Seaal pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable avant la saison estivale.
Deux ministères, trois entreprises publiques, et une échéance commune. La réunion tenue mardi 14 avril au ministère des Hydrocarbures entre Mohamed Arkab et le secrétaire général du ministère des Ressources en eau, Omar Bougroua, avait pour objectif de sécuriser l’approvisionnement en eau potable avant l’été 2026.
Le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, participait à la rencontre aux côtés de Lahcen Bada, directeur général de la Société algérienne de dessalement des eaux (ADC), filiale du groupe, ainsi que de Mohamed Rida Boudab, directeur général de la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal).
Filiale de Sonatrach, ADC alimente 42 % des foyers
ADC gère aujourd’hui 19 stations de dessalement, dont la production atteint 3,7 millions de mètres cubes par jour, couvrant environ 42 % des besoins en eau potable des ménages algériens. Ce positionnement résulte d’un transfert de compétences opéré progressivement depuis plusieurs années, qui a fait de Sonatrach un acteur incontournable de la politique nationale de l’eau, en complément des ressources conventionnelles gérées par l’Algérienne des eaux (ADE).
Cinq nouvelles stations ont été mises en service depuis le début 2025, à Oran, Tipasa, Boumerdès, Béjaïa et El Tarf, toutes d’une capacité de 300 000 mètres cubes par jour. Six autres unités sont en cours de réalisation, pour une capacité supplémentaire de 1,8 million de mètres cubes quotidiens. L’objectif fixé est d’atteindre 28 stations opérationnelles d’ici 2030.
La réunion du 14 avril visait à renforcer la coordination entre ces trois entités, ADC pour la production, ADE pour la distribution nationale, Seaal pour la capitale, en amont de la saison de forte demande. Les discussions ont porté sur la disponibilité opérationnelle des installations de production, de stockage et de distribution, ainsi que sur la continuité du service public lors des pics de consommation estivaux.
Maintenance et ressources conventionnelles
La station de Tighremt à Béjaïa illustre les décalages qui persistent entre la capacité nominale annoncée et la capacité effectivement mobilisable. Entrée en service en août 2025, elle alimente désormais douze communes de la wilaya, mais les infrastructures de transfert vers Sétif, Bouira et Bordj Bou Arreridj restent en chantier, limitant l’exploitation à plein régime.
La réunion a également abordé l’articulation entre eau dessalée et ressources conventionnelles, barrages et nappes phréatiques, dont dépend l’essentiel des régions de l’intérieur du pays. Le budget 2026 du secteur des hydrocarbures consacre 63,2 milliards de dinars au programme de dessalement, confirmant la priorité accordée à ce volet de la sécurité hydrique nationale.
Un calendrier opérationnel commun entre les trois opérateurs doit être finalisé avant l’entrée en période de pointe, prévue pour juin.


