Algérie-Jordanie : Arkab discute hydrocarbures avec Amman

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Le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab en visioconférence avec son homologue jordanien, le 14 avril 2026. (Ministère des Hydrocarbures)

Le 14 avril 2026, Mohamed Arkab, ministre d’État chargé des Hydrocarbures, s’entretenait par visioconférence avec son homologue jordanien, Saleh Ali Hamed Al-Kharabsheh. Une réunion convoquée par Amman trois semaines après la fermeture du détroit d’Hormuz et la flambée du brut au-delà de 100 dollars le baril.

La Jordanie importe plus de 90 % de l’énergie qu’elle consomme. La dépendance énergétique pèse sur plus de 40 % du budget national. La suspension des exportations égyptiennes en 2011, puis le recours croissant au gaz israélien, avaient déjà alimenté de vives controverses internes. Amman cherchait des pistes alternatives. Elle en cherche aujourd’hui d’urgence.

Les deux ministres ont passé en revue les perspectives de coopération dans les hydrocarbures : pétrole brut, gaz de pétrole liquéfié (GPL) et gaz naturel liquéfié (GNL). Ils ont aussi abordé la distribution et le stockage des produits pétroliers.

«Les discussions ont été fructueuses»

Le compte rendu du ministère algérien des Hydrocarbures est laconique. Le ministre jordanien a affirmé que les discussions avaient été fructueuses et que son pays souhaitait renforcer le partenariat avec Alger, intensifier les consultations économiques et échanger des expertises. La rencontre s’est tenue en présence de l’ambassadeur du royaume hachémite et de cadres du ministère. Pas une réunion de courtoisie.

L’Algérie a annoncé un programme d’investissement de soixante milliards de dollars pour 2025-2029, dont une large part pour l’exploration, le transport et le traitement des hydrocarbures. Sonatrach a multiplié les accords de fourniture vers l’Europe et le bassin méditerranéen. Un contrat avec Amman prolongerait cette logique. La fermeture d’Ormuz a redirigé vers l’Algérie une demande que les fournisseurs du Golfe ne peuvent plus honorer.

Le 14 avril n’était pas une journée ordinaire pour Arkab. Il recevait aussi le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères chargé des questions économiques, pour examiner les relations bilatérales dans les hydrocarbures et l’industrie pétrolière et gazière. Séoul le même jour qu’Amman. C’est le rythme d’Alger depuis la déstabilisation des routes énergétiques du Golfe.

La logistique jordanienne, point de friction

La Jordanie a lancé une stratégie nationale pour l’énergie couvrant 2025-2035, avec un cadre réglementaire à construire pour l’importation, le transport, le stockage et la distribution du gaz naturel. Sonatrach a le savoir-faire, notamment à travers ses filiales de distribution et ses infrastructures GNL.

La géographie complique tout. La Jordanie est enclavée, sans façade sur la Méditerranée occidentale. Son principal terminal méthanier est à Aqaba, mer Rouge. Tout GNL algérien passe obligatoirement par Suez ou par des opérateurs tiers. Des coûts supplémentaires, des délais, des négociations. Les deux parties ont convenu d’intensifier leurs consultations. Aucune date n’a été fixée.

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