Exportation des fruits et légumes en Algérie : 250 millions de dollars de revenus en 2025

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Le port d'Alger (DR).

Les fruits et légumes algériens prennent une place de plus en plus importante sur les marchés internationaux. Les exportations de cette filière ont généré environ 250 millions de dollars en 2025, selon des déclarations faites récemment à la chaîne Ennahar TV par deux responsables du secteur.

Ce montant marque une progression importante en quelques années. Ali Bey Nasri, vice-président de l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL), a notamment évoqué le passage de 130 millions de dollars en 2022 à 250 millions de dollars en 2025.

Les dattes occupent une place importante dans cette dynamique. Selon des données compilées à partir de Trade Map, l’Algérie a exporté environ 185 000 tonnes de dattes en 2025, pour près de 184 millions de dollars. Le pays était ainsi le premier exportateur africain de dattes en volume.

De 130 à 250 millions de dollars en trois ans

Pour Ali Bey Nasri, cette progression traduit une évolution du secteur. « L’exportation est en amélioration importante, notamment vers l’Europe et la France, qui compte une importante diaspora qui demande ces produits », a-t-il déclaré. Le responsable de l’ANEXAL met ainsi en avant la demande des marchés européens. La présence d’une importante communauté algérienne constitue aussi un débouché pour certains produits agricoles et alimentaires.

Le président du Cluster algérien des fruits et légumes à l’export (CAFLEX), Toufik Hadkeheil, souligne de son côté la qualité des produits algériens. « On a une demande importante suite à la bonne qualité, et aussi à la qualité des pesticides qu’on utilise, au niveau des engrais, qui sont parmi les plus faibles au monde », a-t-il déclaré.

Il insiste également sur la structure de la production agricole algérienne. « Des produits de bonne qualité puisque 80 % des exploitations sont inférieures à 7 hectares », explique-t-il.

Cette fragmentation peut toutefois compliquer la régularité des volumes et l’organisation des exportations. Pour répondre aux demandes étrangères, les producteurs et exportateurs doivent être capables de fournir des quantités suffisantes et de manière régulière.

Des produits restent bloqués pour protéger le marché local

Le développement des exportations agricoles reste toutefois soumis aux besoins du marché national. Toufik Hadkeheil cite plusieurs produits concernés par ces restrictions. « On peut exporter plusieurs produits, mais il y a quelques produits qui sont bloqués comme la pomme de terre, l’ail, l’oignon et la tomate. On ne peut pas exporter s’il n’y a pas ce qu’il faut pour le marché local, selon les instructions du président de la République », a-t-il expliqué.

Cette question reste sensible pour les opérateurs. Une autorisation d’exportation peut être remise en cause lorsque l’offre nationale devient insuffisante ou que les prix augmentent sur le marché intérieur.

La pomme de terre d’El Oued en a récemment donné un exemple. Après une autorisation d’exportation vers la Tunisie, une nouvelle décision est intervenue quelques jours plus tard pour suspendre ces opérations. Cette situation illustre la difficulté de trouver un équilibre entre le développement des exportations et l’approvisionnement du marché algérien.

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