La 20ᵉ édition de la Fête du bijou d’Ath Yenni n’aura finalement pas lieu aux dates prévues. Initialement programmée du 30 juillet au 8 août, cette manifestation emblématique de la wilaya de Tizi Ouzou a été reportée à une date ultérieure en raison des incendies qui touchent plusieurs régions du pays.
Dans un communiqué, le Comité communal des fêtes d’Ath Yenni indique que cette décision a été prise en concertation avec les autorités locales et les artisans participants. Les organisateurs précisent que l’événement sera reprogrammé lorsque les conditions le permettront.
Un rendez-vous incontournable pour les artisans et la diaspora
Créée en 1995, la Fête du bijou d’Ath Yenni est devenue l’un des rendez-vous artisanaux les plus attendus en Kabylie. Chaque été, elle rassemble des dizaines d’artisans venus de différentes régions d’Algérie pour présenter leur savoir-faire et leurs nouvelles créations.
Au fil des années, la manifestation s’est imposée comme un lieu de rencontre entre les bijoutiers, les visiteurs et les collectionneurs. Elle attire également de nombreux membres de la diaspora, qui profitent de leur séjour estival pour découvrir les nouveautés de cet artisanat ancestral, tout en retrouvant les paysages et les villages perchés des Ath Yenni.
Au-delà de son aspect culturel, cette fête représente aussi un moment important pour l’économie locale. Les artisans y réalisent une grande partie de leurs ventes estivales, tandis que les commerces, les hébergements et les restaurants de la région bénéficient d’une affluence importante pendant toute la durée de l’événement.
Le report décidé cette année intervient dans un contexte marqué par les incendies qui affectent plusieurs régions du nord du pays, poussant les organisateurs à privilégier la solidarité avec les populations touchées.
La flambée du prix de l’argent fragilise les artisans
Si la nouvelle date n’a pas encore été annoncée, les artisans espèrent que cette édition pourra être organisée dès que la situation se stabilisera. Au-delà de la dimension commerciale, cette manifestation constitue aussi une occasion pour les bijoutiers de faire entendre leurs préoccupations auprès des pouvoirs publics.
Cette année, l’une des principales inquiétudes concerne la flambée du prix de l’argent. Selon plusieurs artisans, le kilogramme d’argent vierge atteint désormais près de 700 000 dinars, contre environ 250 000 dinars à la même période l’an dernier. Une hausse historique qui pèse lourdement sur les coûts de fabrication et menace l’équilibre d’un métier déjà confronté à de nombreux défis.


