Fraude électorale : plus de 30 suspects devant la justice, le FFS dénonce des irrégularités

Mecipsa Amokrane
3 min de lecture
Législatives en Algérie

Plus de trente personnes soupçonnées d’implication dans une affaire de fraude électorale liée aux élections législatives du 2 juillet ont comparu, mercredi, devant le juge d’instruction du pôle économique et financier de Sidi M’hamed, à Alger.

Selon des informations relayées par plusieurs médias algériens, l’affaire concerne une quarantaine de suspects, parmi lesquels des présidents de bureaux de vote et des encadreurs des bureaux de vote des communes d’Aïn Bessem et de Bir Ghbalou, dans la wilaya de Bouira. Ils sont soupçonnés d’avoir falsifié des listes électorales, manipulé le décompte des voix et porté atteinte à la sincérité du scrutin afin de favoriser “un parti politique ayant remporté trois sièges dans cette circonscription”.

Cette procédure judiciaire intervient alors que les résultats provisoires des élections législatives attribuent trois sièges de la wilaya de Bouira au Front El-Moustakbal, seul parti à avoir obtenu ce nombre de sièges. Si les autorités n’ont, à ce stade, cité aucun parti politique, plusieurs médias soulignent que la formation évoquée dans l’enquête correspond au seul parti ayant remporté trois sièges dans la wilaya, ce qui alimente les spéculations. Aucune confirmation officielle n’a toutefois été apportée sur ce point.

Lors d’une conférence de presse organisée mercredi, le Front des forces socialistes (FFS) est revenu sur cette affaire en estimant que la fraude électorale n’avait pas disparu mais qu’elle s’était « territorialisée », s’exerçant désormais à travers des réseaux d’influence locaux plutôt que de manière centralisée. Le parti affirme avoir déposé une dizaine de recours devant la Cour constitutionnelle concernant plusieurs wilayas, dont Bouira, et dénonce diverses irrégularités lors du scrutin.

Évoquant plus particulièrement le cas de Bouira, le FFS affirme disposer d’informations faisant état de l’arrestation de plusieurs personnes impliquées dans des opérations de fraude, parmi lesquelles figureraient des candidats annoncés élus. Le parti n’a toutefois cité aucune formation politique.

Pour rappel, le président du Mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, a lui aussi dénoncé de présumées fraudes lors des législatives du 2 juillet. Il affirme que des personnes décédées ont été comptabilisées parmi les votants dans trois bureaux de vote de la commune d’Abdelkader Azzil, dans la wilaya de Barika, évoquant au moins 25 cas de « votes posthumes ». Son parti a saisi la Cour constitutionnelle et demande l’ouverture d’une enquête judiciaire.

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