Avec 110,74 millions de tonnes exportées en 2025, les États-Unis occupent désormais la première place mondiale. Ils devancent largement le Qatar, deuxième exportateur avec 81,51 millions de tonnes, et l’Australie, troisième avec 80,32 millions de tonnes. Cette domination confirme l’offensive américaine sur le marché mondial du GNL, portée par la montée en puissance des capacités de liquéfaction sur la côte du Golfe du Mexique.
Selon le rapport annuel de l’International Gaz Union (IGU), le commerce mondial de GNL a atteint 436,98 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 6,3%, son rythme de croissance le plus rapide depuis 2022. Cette progression s’explique en grande partie par la hausse des exportations américaines et par une demande européenne en forte augmentation, les importations du continent ayant progressé de 26,1 millions de tonnes pour atteindre 126,2 millions de tonnes, notamment afin de compenser la baisse des approvisionnements en gaz russe. Cette dynamique européenne s’inscrit dans la continuité de la tendance observée pour 2026, où l’Europe vise un record d’importations de GNL.
Le Qatar et l’Australie restent des acteurs majeurs
Malgré leur recul au deuxième et troisième rang, le Qatar et l’Australie conservent un poids considérable sur le marché mondial. Le Qatar, fort de ses immenses réserves gazières, reste un fournisseur clé de l’Europe, comme l’a rappelé un épisode récent où l’Iran a frappé le gaz du Qatar, menaçant une part significative des approvisionnements européens. L’Australie, de son côté, tire parti de la proximité de ses installations avec les grands marchés asiatiques, ce qui en fait un fournisseur stratégique pour la Chine, le Japon et la Corée du Sud.
Une nouvelle concurrence pour les exportateurs historiques
Le classement 2025 illustre une recomposition profonde du marché mondial du GNL, longtemps dominé par le Qatar et l’Australie. Pour les exportateurs de taille plus modeste comme l’Algérie, dixième exportateur mondial, cette évolution se traduit par une pression croissante : le pays doit désormais se repositionner face à la surcapacité mondiale annoncée attendue d’ici 2030.
La concurrence américaine se fait également sentir sur des marchés traditionnellement algériens, comme en témoigne la bataille menée récemment sur le marché turc du GNL, où l’Algérie tient tête aux États-Unis. Le rapport de l’IGU souligne par ailleurs que les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, continuent de peser sur les perspectives du marché en raison des risques pesant sur les infrastructures et les flux d’approvisionnement.
Dans cette nouvelle carte mondiale du GNL, la bataille ne porte plus seulement sur les réserves disponibles, mais aussi sur la capacité à investir rapidement dans de nouvelles infrastructures et à sécuriser des contrats de long terme avec les grands consommateurs mondiaux.

