L’Algérie a terminé ses études et commencé à poser son tronçon du gazoduc transsaharien (TSGP). C’est ce qu’a affirmé lundi 12 octobre à Riyad le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Cette conduite doit relier le Nigeria à l’Europe par le Niger et le réseau algérien. Selon le ministre, elle livrerait 20 milliards de mètres cubes par an dans une première phase, puis 30 milliards dans la seconde.
M. Arkab s’exprimait lors d’un dialogue ministériel sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz, en marge du 25e Congrès mondial du pétrole et de l’énergie (WPC Energy 2026), où siégeaient aussi le ministre nigérian d’État chargé des ressources pétrolières, Heineken Lokpobiri, et le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais. Il a présenté le projet comme sorti de la phase des études pour entrer dans celle de la réalisation. Les travaux algériens ont en effet été lancés officiellement le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, au lendemain de la validation à Alger du rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du cabinet Penspen.
Sur le plan technique, le gazoduc, long de 4 128 kilomètres dont 841 en territoire nigérien selon les données de Sonatrach, doit raccorder les champs gaziers du Nigeria au réseau algérien, et le gaz nigérian serait ensuite exporté par les infrastructures du pays. Le ministère précise en outre que le tronçon algérien collectera aussi du gaz produit en Algérie, notamment dans le bassin d’Ahnet.
Dans la même intervention, M. Arkab a plaidé pour la poursuite des investissements dans les capacités d’exportation, par gazoduc ou par GNL, et il a cité les prévisions qui portent la part du GNL dans le commerce mondial du gaz à 65 %.
Au Niger, les relevés topographiques ont commencé en octobre
Côté nigérien, le ministre du Pétrole, Hamadou Tini, avait fixé le début des relevés topographiques à octobre. Ces relevés ont commencé ce mois-ci et précèdent la construction du tronçon nigérien de 841 kilomètres, qui n’a pas démarré. Le ministère algérien des Hydrocarbures prévoit de les compléter par des études d’impact environnemental et géotechniques, et M. Arkab était d’ailleurs à Niamey les 21 et 22 septembre, où le chef de l’État nigérien, Abdourahamane Tiani, l’a reçu. Le tronçon nigérien reste à l’étude.
Sur les volumes, les annonces officielles parlaient jusqu’ici d’une capacité de 20 à 30 milliards de mètres cubes par an. À Riyad, le ministre a décliné ces chiffres par phase, et les documents de référence de Sonatrach retiennent 30 milliards de mètres cubes comme capacité annuelle.
Le TSGP n’est pas le seul projet de gazoduc au départ du Nigeria. En août, le porte-parole de la NNPC, Andy Odeh, a cité l’insécurité, l’instabilité au Sahel et les rapports entre l’Algérie et le Maroc parmi les obstacles du TSGP, mais il a démenti tout abandon au profit du gazoduc atlantique Maroc-Nigeria. Ce concurrent, d’environ 6 900 kilomètres pour 25 milliards de dollars, vise une décision finale d’investissement au quatrième trimestre 2026, d’après l’étude d’impact du projet.
Sur le plan financier, le ministère algérien évalue l’enveloppe du TSGP entre 12 et 18 milliards d’euros, contre 10 milliards de dollars estimés en 2009, et l’APPO mise sur la Banque africaine de l’énergie pour financer la suite du projet.



