Algérie-Niger : Niamey veut arrimer Sonatrach à toute sa filière pétrolière

Cinq semaines après la première cargaison de brut nigérien vendue avec la Sonidep, le général Abdourahamane Tiani a demandé mardi à Mohamed Arkab l’appui de Sonatrach du forage jusqu’à la pétrochimie. Le gazoduc transsaharien avance moins vite, son tronçon nigérien en est encore aux études.

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Le général Abdourahamane Tiani reçoit Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, mardi 22 septembre 2026 à Niamey. ©Ministère des hydrocarbures
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Dépêché par le président Abdelmadjid Tebboune, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, a été reçu mardi 22 septembre à Niamey par le chef de l’État nigérien, en présence de l’ambassadeur d’Algérie au Niger et du PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi.

Selon le communiqué diffusé après l’audience, le général Tiani souhaite que son pays continue de s’appuyer sur Sonatrach et ses filiales pour l’exploration, le développement et la production, puis pour le raffinage et la pétrochimie, avec un volet de formation et de transfert de technologie.

La demande arrive après la première livraison. Le 14 août, au terminal béninois de Sèmè, le groupe algérien a chargé la première cargaison de brut nigérien « Meleck » commercialisée avec la Sonidep. Il s’agit d’un million de barils achetés auprès de la société nationale nigérienne en vertu d’un contrat signé le 22 juillet.

Sonatrach occupe déjà plusieurs maillons de la filière. Sur le bloc de Kafra, une nouvelle phase d’exploration a démarré le 13 août avec quatre puits programmés sur deux ans, confiés à l’Enafor, qui a lancé le forage de Kafra Sud-Est 1. Niamey avait prolongé de deux ans, le 15 avril, l’autorisation d’exploration de Sipex, la filiale internationale du groupe.

Le ministère nigérien du Pétrole, cité par la presse locale, avance pour ce bloc jusqu’à 2,5 milliards de barils de ressources prospectives et quelque 255 millions de barils de réserves prouvées et probables, rattachées à une découverte évaluée en 2018. Niamey propose désormais de nouveaux périmètres, en premier lieu le bloc de Bilma, déjà inscrit à l’ordre du jour de la visite. Les discussions ont également porté sur la maintenance générale de la raffinerie de Zinder.

Les deux parties veulent étendre le partenariat entre Sonatrach et la Sonidep à toute la chaîne des hydrocarbures, conformément à l’ambition affichée par la société nigérienne de devenir un opérateur intégré, de l’exploration à la commercialisation.

Le rythme des visites a changé. Mohamed Arkab effectue sa deuxième visite à Niamey en huit mois. Le 26 janvier, il était venu avec Noureddine Daoudi pour relancer le dossier de Kafra, resté en sommeil plusieurs années. Les ambassadeurs des deux pays avaient repris leurs postes quelques semaines plus tard.

Niamey et Alger programment les études du tracé nigérien

Le volet gazier ne suit pas la même cadence. Les travaux de la section algérienne du gazoduc transsaharien ont été lancés le 4 juin à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, par les ministres des trois pays. Au Niger, aucun tube n’a encore été posé.

Le 16 février, Abdelmadjid Tebboune avait annoncé, aux côtés du général Tiani, le lancement du tronçon nigérien juste après le Ramadan. Une équipe de Sonatrach s’est rendue à Niamey le 17 mars pour recueillir les données du tracé et examiner la réglementation locale, sans que le chantier ne démarre.

Il reste 841 kilomètres à construire sur les 4 128 que compte l’ouvrage, et le financement demeure inconnu. À la veille de la réunion ministérielle d’Alger du 3 juin, l’Afreximbank avait fait part de son intérêt sans engager de fonds, et le coût de la section nigérienne n’avait fait l’objet d’aucun chiffrage officiel. Le seul mécanisme de répartition, signé en février 2025 entre Sonatrach, la NNPC et la Sonidep, porte sur les coûts de l’étude.

Le communiqué de mardi fixe des étapes préalables. Les deux parties se sont entendues pour lancer, « dans les meilleurs délais », la campagne de relevés topographiques du tracé sur le territoire nigérien, ainsi que les études d’impact sur l’environnement et les études géotechniques.

Le général Tiani a réaffirmé l’intérêt du projet pour les trois pays, qu’il présente comme un levier de développement et d’intégration énergétiques africaines. Mohamed Arkab s’est engagé, au nom d’Alger, à poursuivre l’appui au secteur nigérien des hydrocarbures et à renforcer les capacités des institutions spécialisées.

Aucune date ni aucun montant ne figurent dans le texte. La référence technique reste l’étude de faisabilité de Penspen, adoptée par les trois pays à Alger le 3 juin. Le ministère algérien évalue désormais l’enveloppe globale entre 12 et 18 milliards d’euros, écart qu’il impute à l’actualisation des études et au dimensionnement des tronçons.

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