Après sa fermeture par un groupe armé, le blocage de la vanne numéro 7 du pipeline reliant le champ pétrolier d’Al-Charara au port de Zawiya se poursuit jusqu’à ce mardi 22 septembre, selon la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC).
L’incident entraîne une forte baisse de la production du principal champ pétrolier du pays et fait peser un risque sur les exportations ainsi que sur l’approvisionnement de la raffinerie de Zawiya, indiquent des observateurs.
La NOC a indiqué que la vanne avait été fermée lundi 21 septembre au matin, interrompant l’écoulement du brut d’Al-Charara vers le port de Zawiya. La fermeture a provoqué une hausse de la pression dans le pipeline et une importante réduction de la production du champ.
Mardi, soit environ 24 heures après la fermeture, la situation n’était toujours pas débloquée. La NOC affirme avoir contacté les gardes des installations pétrolières dans le sud-ouest du pays pour leur demander d’intervenir, sans résultat à ce stade. Ses équipes techniques n’ont par ailleurs pas pu accéder à la zone des vannes 6 et 7.
Une production amputée d’environ 200 000 barils par jour
Les conséquences se font déjà sentir sur la production d’Al-Charara. Selon des ingénieurs du champ cités par Reuters, la production aurait diminué d’environ 200 000 barils par jour, pour se situer actuellement entre 100 000 et 105 000 barils par jour. La capacité de production du champ est d’environ 300 000 barils par jour.
La fermeture de la vanne ne se limite donc pas à une perturbation du transport du brut. La pression accumulée dans le réseau contraint également les opérations de production du champ, ce qui accroît le risque d’un arrêt plus large si le blocage se prolonge.
La NOC avertit ainsi que le maintien de la fermeture pourrait conduire à l’arrêt de la production d’Al-Charara, ainsi qu’à l’arrêt des opérations de transport et d’exportation du brut. Elle met également en garde contre des risques techniques et opérationnels pour les infrastructures de transport.
La raffinerie de Zawiya également exposée
L’autre conséquence concerne la raffinerie de Zawiya. La NOC estime que la poursuite du blocage pourrait contraindre la raffinerie à interrompre ses activités, ce qui entraînerait une hausse du recours aux importations de carburants.
L’enjeu dépasse ainsi la seule production du champ d’Al-Charara : une interruption prolongée pourrait affecter à la fois les recettes pétrolières de l’État, les exportations de brut et l’approvisionnement du marché intérieur en produits raffinés. La compagnie nationale prévient également que la diminution de la production et des exportations réduirait les recettes publiques, alors que le pétrole constitue la principale source de revenus de l’État libyen.
La NOC évoque la force majeure
Face au maintien du blocage, la NOC indique qu’elle pourrait être contrainte de déclarer la « force majeure » si l’arrêt se prolonge. Cette éventualité survient après plusieurs perturbations ayant touché les infrastructures pétrolières libyennes au cours du mois de septembre.
La situation reste donc suspendue à la réouverture de la vanne numéro 7. À ce stade, le blocage dure depuis le matin du 21 septembre et ses effets sont déjà mesurables sur la production d’Al-Charara. Une prolongation de la fermeture ferait peser un risque supplémentaire sur les exportations de pétrole et sur le fonctionnement de la raffinerie de Zawiya, alertent plusieurs organismes.

