Pétrole : l’ENAFOR lance le forage de Kafra Sud-Est 1 au Niger

Maghreb Emergent
3 min de lecture
Un derrick dans le désert (photo d'illustration)

Quatre-vingt-cinq kilomètres séparent le site du futur puits « Kafra Sud-Est 1 », dans la région nigérienne d’Agadez, de la frontière algérienne. C’est le premier forage mené par une entreprise algérienne au nord du Niger.

L’Entreprise nationale de forage (ENAFOR), filiale du groupe Sonatrach, a bouclé les derniers préparatifs avant le lancement des opérations. Un délai tenu malgré un parcours logistique hors norme. Tout le matériel, l’atelier de forage comme la base-vie et ses équipements, a dû être acheminé depuis Hassi Messaoud, à plus de 2 000 kilomètres de là, en traversant un relief accidenté et des conditions climatiques peu clémentes.

Le bloc pétrolier de Kafra, dont les réserves sont estimées à 260 millions de barils, fait l’objet d’un contrat de partage de production entre la filiale Sipex de Sonatrach et les autorités nigériennes depuis 2015, renouvelé en 2022.

Un puits à 3 900 mètres

« L’ENAFOR a achevé les dernières retouches en prévision du lancement de l’opération de forage », a indiqué à l’APS Abdelaziz Mahfoud, responsable du transport et de l’installation des équipements. Le puits sera creusé jusqu’à 3 900 mètres de profondeur.

L’entreprise algérienne ne découvre pas ce type de terrain. Elle a déjà mené des chantiers comparables dans le sultanat d’Oman et en prépare d’autres, selon Abdelaziz Mahfoud. Sur Kafra, les études préliminaires font état d’indicateurs jugés encourageants, ce qui explique le calendrier resserré imposé aux équipes.

Le transfert de compétences occupe une place centrale dans le montage du projet. Les cadres et travailleurs nigériens du secteur des hydrocarbures bénéficient d’une formation directe sur le terrain, aux côtés du transfert technologique.

Un partenariat suivi au sommet

Le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, en visite à Niamey en janvier dernier, avait déjà évoqué ce gisement en insistant sur les résultats obtenus par Sonatrach sur le champ de Kafra, où le groupe est présent depuis plusieurs années, avec des résultats qu’il avait qualifiés d’encourageants.

Côté nigérien, le ministre du Pétrole Hamadou Tini, en visite à Alger, avait salué un niveau de coopération inédit entre les deux pays. Il citait notamment la centrale électrique offerte par l’Algérie au Niger, ainsi que la mise en œuvre des accords signés lors de la grande commission mixte de Niamey, en mars dernier.

Le puits « Kafra Sud-Est 1 » s’inscrit dans ce calendrier de rapprochement bilatéral, entre dons algériens et exploitation conjointe des ressources du sous-sol nigérien.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article