Hydrogène vert : 11 entreprises allemandes à la conquête des marchés algérien et tunisien

Mecipsa Amokrane
5 min de lecture
Illustration d'un site de stockage d'hydrogène vert. L'électrolyseur en conteneur et les réservoirs sont alimentés par des éoliennes et des panneaux solaires.

Une délégation de 11 entreprises allemandes mène, du 21 au 25 septembre, une mission de prospection en Algérie et en Tunisie, axée sur l’hydrogène vert, le Power-to-X et les solutions de stockage d’énergie. La mission a pour but d’identifier les projets, les partenaires locaux et les possibilités de coopération le long du corridor SoutH2.

La mission allemande a débuté lundi à Alger avant de se poursuivre à Tunis. Organisée dans le cadre de l’Exportinitiative Energie du ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie, elle est mise en œuvre en collaboration avec l’AHK Algérie et l’AHK Tunisie.

À Alger, le programme prévoit notamment des échanges avec des représentants des pouvoirs publics, des entreprises énergétiques, des institutions financières et du secteur de la recherche. Des rencontres sont également programmées avec plusieurs acteurs algériens, dont Sonatrach, Sonelgaz et Cosider Canalisation, afin d’examiner les possibilités de coopération et de développement de projets.

La délégation se rendra ensuite en Tunisie, où un Business Breakfast est prévu le 23 septembre à Tunis, avant des rencontres avec des entreprises et acteurs du secteur énergétique.

De l’électrolyse aux infrastructures

Selon German Energy Solutions, l’organisme chargé de la mise en œuvre de la mission dans le cadre de l’Exportinitiative Energie du ministère allemand de l’Économie, les entreprises participantes ciblent plusieurs maillons de la chaîne de valeur de l’hydrogène. Les domaines concernés comprennent notamment la production et l’électrolyse, le traitement et le dessalement de l’eau, les infrastructures de transport, ainsi que les équipements de compression, de pompage, de stockage et de chargement. L’offre allemande porte également sur l’ingénierie, les études de faisabilité, l’accompagnement de projets et la certification.

La reconversion de canalisations existantes, les études de faisabilité, la certification et les prestations d’ingénierie figurent également parmi les domaines identifiés.

L’Algérie au cœur des discussions

En Algérie, la mission s’inscrit dans le cadre du développement de la filière nationale de l’hydrogène. Selon l’AHK Algérie, la stratégie nationale prévoit 2,5 GW de capacités d’électrolyse à l’horizon 2030 et 7 GW à l’horizon 2040. Le programme national des énergies renouvelables vise par ailleurs 15 GW de capacités photovoltaïques d’ici 2035.

Les infrastructures de transport constituent également un volet important du développement de cette filière. L’AHK Algérie cite notamment, parmi les projets liés au corridor SoutH2, la reconversion de la conduite TransMed pour le transport d’hydrogène, ainsi que d’autres projets développés le long de ce corridor.

Pour les entreprises allemandes, la mission constitue ainsi une occasion d’identifier des possibilités de coopération sur plusieurs segments de la chaîne de valeur, de la production et des équipements associés à l’hydrogène jusqu’aux infrastructures nécessaires à son transport.

L’enjeu du corridor SoutH2

La mission allemande intervient dans le développement du corridor SoutH2, auquel l’Algérie et la Tunisie sont associées aux côtés de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne. Les cinq pays ont signé en janvier 2025 une déclaration politique commune en faveur de la poursuite du projet, destiné à développer une infrastructure de transport d’hydrogène reliant l’Afrique du Nord aux marchés européens.

Le corridor doit notamment permettre d’acheminer de l’hydrogène renouvelable produit en Afrique du Nord vers des pôles de consommation en Italie, en Autriche et en Allemagne, en s’appuyant largement sur la reconversion d’infrastructures existantes. Le projet est attendu opérationnel au début des années 2030.

Dans ce contexte, la mission de prospection offre aux entreprises allemandes l’occasion d’identifier des opportunités de coopération avec des acteurs algériens et tunisiens et de présenter leurs technologies et services aux différents maillons de la future chaîne de valeur de l’hydrogène.

Une mission de prospection, pas encore d’investissement

À ce stade, les informations communiquées par les organisateurs présentent la tournée comme une mission d’exploration de projets et de mise en relation commerciale. Des discussions sur de possibles partenariats, la constitution de consortiums et le développement conjoint de projets sont prévues, mais la mission ne constitue pas, en elle-même, l’annonce d’investissements allemands dans des projets algériens ou tunisiens.

Partager cet article