Vingt-quatre heures après la signature d’un mémorandum entre Sonatrach et le groupe énergétique allemand VNG AG, Mohamed Arkab recevait jeudi 18 juin Ulf Heitmüller, président du directoire de VNG, au siège du ministère des Hydrocarbures à Alger. Un enchaînement rapide, qui donne une mesure du rythme auquel Alger entend traiter ce dossier.
Le mémorandum, paraphé le 17 juin, porte sur trois axes précis : l’hydrogène vert, l’ammoniac et la réduction des émissions de méthane. Des thèmes qui n’apparaissent pas pour la première fois dans les échanges algéro-allemands. VNG figure depuis plusieurs années parmi les membres du consortium SoutH2 Corridor, gazoduc de transport d’hydrogène vert de 3 300 kilomètres reliant l’Afrique du Nord à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Ce projet associe Sonatrach et Sonelgaz côté algérien, et a été reconnu par la Commission européenne comme projet d’intérêt commun.
Gaz naturel et nouvelles routes commerciales
Les discussions de jeudi ont débordé le seul cadre de la transition énergétique. Selon le communiqué du ministère, les deux parties ont passé en revue les opportunités de développement dans le secteur des hydrocarbures, en particulier le gaz naturel, ainsi que les échanges commerciaux dans la commercialisation et le transport du gaz.
Sonatrach a signé un contrat d’approvisionnement avec VNG AG, entrant ainsi sur le marché gazier allemand, dans un contexte où l’Union européenne accélère son désengagement du gaz russe, dont l’interdiction progressive est attendue d’ici l’automne 2027. Les gazoducs Transmed vers l’Italie et Medgaz vers l’Espagne offrent à l’Algérie un avantage compétitif structurel face au GNL américain, dont les coûts de transport et de regazéification restent plus élevés.
La position d’Alger sur le marché gazier européen a pris du relief depuis mars 2026. La fermeture du détroit d’Ormuz a ouvert une fenêtre pour le gaz algérien en Europe, dont Sonatrach cherche à tirer parti en volume contractuel avant que la conjoncture ne se referme.
«Partenaire fiable»
Arkab a profité de la réunion pour présenter les réformes engagées par l’État algérien afin d’améliorer le climat des affaires, notamment les cadres légal et réglementaire censés favoriser les partenariats stratégiques et les transferts de technologie. Un discours rodé, répété à chaque visite de délégation étrangère depuis la promulgation de la loi sur les hydrocarbures de 2019, mais que la conjoncture géopolitique rend plus audible qu’il y a deux ans.
De son côté, Heitmüller s’est dit satisfait du niveau de la coopération avec Sonatrach. Il a qualifié l’Algérie de fournisseur fiable et de partenaire stratégique de l’Europe. VNG, qui traversait des difficultés financières liées à son exposition au gaz russe en 2022-2023, a depuis restructuré ses approvisionnements. Le consortium SoutH2 vise à approvisionner les pôles de demande européens en hydrogène renouvelable via pipelines réutilisés.
L’Algérie vise une production de 1,2 million de tonnes d’hydrogène vert d’ici 2040, dont 75 % destinés à l’exportation via le corridor SoutH2. Quatre projets sont annoncés à ce stade, un seul ayant été lancé en 2025 selon le rapport MENA Energy Outlook 2026 de Dii Desert Energy.


