Importations : la suspension des réceptions au ministère divise les opérateurs économiques

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Siège du Ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, à Alger.

Depuis plusieurs mois, les opérateurs économiques multiplient les déplacements vers le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations pour déposer leurs recours ou tenter de débloquer leurs dossiers. Le ministère vient d’annoncer un changement provisoire : jusqu’au 10 août 2026, l’accueil physique des investisseurs est suspendu et toutes les demandes devront être transmises par courrier électronique.

Cette décision intervient dans le cadre de l’amélioration du traitement des recours, selon le communiqué du ministère. Mais sur le terrain, plusieurs opérateurs économiques s’interrogent déjà sur son efficacité. Beaucoup rappellent qu’ils parcouraient parfois des centaines de kilomètres pour rencontrer les responsables, sans toujours obtenir de réponse. D’autres redoutent désormais que la procédure à distance complique davantage le suivi de leurs dossiers.

La numérisation, une solution qui ne fait pas encore l’unanimité

La digitalisation des services administratifs est régulièrement présentée comme un moyen de simplifier les démarches. Pourtant, chez plusieurs opérateurs économiques, cette transition suscite encore des interrogations.

Certains estiment que les plateformes numériques restent difficiles à utiliser et que les échanges électroniques ne remplacent pas toujours un entretien direct, surtout lorsqu’il s’agit de dossiers complexes.

« L’accueil des investisseurs est froid et rigide. On a l’impression de déranger, alors que certains viennent de très loin. Si vous n’avez pas de contacts sur place, vous repartirez sans réponse et complètement frustré. Les investisseurs ne viennent pas pour mendier de l’aide, mais pour créer de la valeur », témoigne un opérateur économique.

Un autre considère que la modernisation devrait passer par une plateforme numérique plus performante. « La correspondance par e-mail est déjà dépassée. Vous disposez d’une plateforme numérique, pourquoi ne pas l’exploiter davantage pour moderniser le ministère ? Le commerce international ne supporte pas les retards », affirme-t-il.

Les recours seront désormais traités exclusivement par courrier électronique

Dans son communiqué, le ministère précise que cette suspension est temporaire et restera en vigueur jusqu’au 10 août 2026.

Pendant cette période, les opérateurs devront transmettre leurs préoccupations et leurs recours par courrier électronique, selon la nature de leurs dossiers. Des adresses distinctes ont été mises en place pour le programme prévisionnel d’importation du deuxième semestre, les importations destinées à la revente en l’état, l’importation de services ainsi que les opérations d’exportation.

Le ministère invite également les opérateurs à joindre « les documents et informations nécessaires » afin de permettre aux services concernés « d’étudier les dossiers, d’en assurer la prise en charge et d’y répondre dans les meilleurs délais ».

Des opérateurs partagés entre espoir et inquiétude

Cette nouvelle organisation laisse plusieurs investisseurs prudents. Certains espèrent que le traitement électronique permettra de réduire les délais et d’éviter les déplacements coûteux vers Alger.

D’autres restent plus réservés. Ils rappellent que les démarches administratives restent souvent longues et craignent que l’absence d’accueil physique rende encore plus difficile le suivi des recours.

« Au lieu de nous aider, les bureaucrates inventent de nouvelles règles et contraintes tous les matins. Ce n’est pas comme ça qu’on encourage le développement économique », déplore un chef d’entreprise.

Pour plusieurs opérateurs, la réussite de cette suspension temporaire dépendra surtout de la rapidité des réponses apportées par les services du ministère. Si les dossiers sont traités dans des délais raisonnables, cette période pourrait constituer une étape vers une administration plus moderne. Dans le cas contraire, elle risque d’alimenter davantage les critiques déjà exprimées par une partie des investisseurs.

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