Incendies en Algérie : 5 412 départs de feu, est-il possible d’indemniser les victimes en 21 jours ?

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Incendies en Algérie

L’Algérie fait face à une saison des incendies particulièrement difficile. Depuis mai 2026, 5 412 départs de feu ont été recensés à travers le pays. Le chiffre est en forte hausse par rapport à la même période de 2025.

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, est revenu sur cette situation lors d’une réunion consacrée à l’indemnisation des victimes. Le gouvernement veut désormais accélérer les procédures.

Les personnes ayant subi des pertes doivent recevoir leurs indemnisations avant la fin du mois d’août. Il reste donc environ 21 jours pour finaliser l’opération.

5 412 incendies depuis mai, contre 1 302 en 2025

Les chiffres communiqués par le ministre montrent l’ampleur de la situation. 5 412 incendies ont été enregistrés depuis mai 2026. Sur la même période en 2025, les services concernés avaient recensé 1 302 départs de feu. Durant le seul mois de juillet, les incendies ont touché 17 wilayas. Ils ont causé d’importants dégâts matériels. Sept personnes ont également perdu la vie.

Face à cette situation, une commission multisectorielle a été réunie dimanche 9 août au siège du gouvernement. Elle est chargée d’examiner les dossiers d’indemnisation. Saïd Sayoud a insisté sur la nécessité d’aller vite. Mais il a aussi demandé de maintenir la rigueur dans l’étude des dossiers. « On veut accélérer le dossier de l’indemnisation. On veut que le droit à l’indemnisation arrive auprès de chaque personne qui le mérite », a-t-il déclaré.

Le ministre veut donc accélérer les procédures. Mais sans sacrifier la transparence.« On veut la rapidité, mais accompagnée de la précision et de la crédibilité », a-t-il insisté.

Des milliers de dossiers à traiter en trois semaines

La principale difficulté se trouve dans l’ampleur du travail à réaliser. Les indemnisations ne concernent pas uniquement les maisons. Les biens mobiliers, les propriétés, les cultures agricoles, les arbres fruitiers, les animaux et le cheptel sont également concernés.

Chaque dommage doit être constaté. Il faut ensuite identifier le propriétaire, vérifier les pertes et déterminer le montant de l’indemnisation. Le travail de terrain a déjà commencé. Les commissions locales ont recensé les victimes et constaté les dégâts sous la supervision des walis. Ces données constituent la base de l’étude des dossiers.

Certaines situations peuvent être simples. D’autres seront beaucoup plus complexes. Une maison partiellement endommagée ne se traite pas comme une habitation totalement détruite. Il en va de même pour un verger, une exploitation agricole ou un cheptel.

La dispersion des sinistres constitue aussi une difficulté. Les dossiers sont répartis dans plusieurs wilayas et parfois dans des zones rurales difficiles d’accès. À cela s’ajoute le risque de contestations. Une victime peut estimer que les dégâts ont été sous-évalués. Une autre peut contester le montant proposé. Ces situations peuvent ralentir le traitement.

Le ministre demande donc d’aller vite, mais aussi d’éviter les erreurs. C’est précisément là que se trouve le principal défi. Une procédure trop rapide peut entraîner des erreurs dans les dossiers. Une procédure trop prudente risque, à l’inverse, de repousser les paiements au-delà du délai fixé.

L’administration devra donc travailler sous une forte pression. Les services de l’Intérieur devront également coordonner leur travail avec les collectivités locales et les autres secteurs concernés.

Une course contre la montre pour rétablir les victimes

L’objectif fixé par le gouvernement est ambitieux. En 21 jours, il faudra passer du recensement des dégâts à l’examen des dossiers, puis à la validation et au versement des indemnités.Ce n’est pas nécessairement impossible. Mais cela exige une mobilisation exceptionnelle des services concernés.

La priorité sera surtout de ne pas transformer la rapidité en source de nouvelles erreurs. Une indemnisation mal évaluée peut provoquer de nouvelles contestations. Pour les familles qui ont perdu leur maison, leurs biens ou leurs moyens de subsistance, le délai administratif est pourtant loin d’être abstrait.

Sayoud veut permettre aux victimes de retrouver rapidement des conditions de vie normales. Il appelle aussi à tirer les leçons de cette saison et à renforcer la prévention face aux changements climatiques et à la hausse des températures.

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