Un légume du quotidien devenu un luxe. En ce mois d’avril 2026, les prix de la tomate atteignent des niveaux inhabituels dans les trois pays du Maghreb. Les consommateurs découvrent avec stupeur des étiquettes qui bousculent leurs budgets.
La tomate, pilier de la cuisine maghrébine, n’est plus à la portée de toutes les bourses. Ce mois d’avril, les marchés de Tunis, d’Alger et de Rabat affichent des prix qui surprennent même les habitués. Ce phénomène ne se limite pas à la région. Il touche également les marchés européens, signe d’une crise structurelle qui dépasse les seules frontières du Maghreb.
Les classes sociales les plus modestes sont les premières victimes de cette situation. Pour elles, la tomate rejoint progressivement la liste des produits devenus inaccessibles au quotidien.
La Tunisie en tête de la flambée
C’est en Tunisie que la hausse est la plus spectaculaire. Le prix moyen du kilogramme de tomate y atteint 1,55 euro, un seuil jamais vu à cette période de l’année. Ce chiffre provoque une vive réaction dans la presse locale et sur les réseaux sociaux. Les citoyens tunisiens réclament une intervention urgente de l’État pour réguler le marché et protéger le pouvoir d’achat des ménages.
Deux facteurs expliquent principalement cette situation. D’abord, les inondations récentes ont sévèrement impacté les récoltes dans plusieurs régions agricoles du pays. Ensuite, l’inflation persistante a alourdi les coûts de production, pesant directement sur les prix à la consommation.
Algérie et Maroc : même constat, quelques nuances
Au Maroc et en Algérie, la situation est tout aussi préoccupante. Les prix oscillent entre 1,39 et 1,41 euro le kilogramme. Un niveau certes légèrement inférieur à celui enregistré en Tunisie, mais qui reste significativement élevé pour les consommateurs locaux.
Les raisons de la crise en Algérie
Des producteurs algériens apportent des explications concrètes. Deux facteurs se cumulent pour provoquer cette flambée, qui montre toutefois des signes d’apaisement.
Le premier est climatique. Les rafales de vent et les intempéries de février et mars ont causé des dégâts considérables aux serres de tomates. Les wilayas de Biskra, Tipaza, El Oued et Aïn Defla ont été particulièrement touchées. Une partie importante de la production, attendue sur les marchés début avril, a ainsi été détruite avant même la récolte.
Le second facteur est économique. Les prix bas enregistrés l’an dernier durant cette même période ont découragé une partie des agriculteurs. Certains ont préféré se reconvertir vers d’autres cultures plus rentables. Résultat : la filière tomate accuse une légère baisse d’investissement qui se répercute aujourd’hui sur l’offre disponible.
Le Maroc pris entre export et besoins locaux
La situation marocaine présente une particularité. Le Maroc est pourtant reconnu comme l’un des grands producteurs et exportateurs mondiaux de tomates. Mais c’est précisément là que réside le problème. Le maintien des programmes d’exportation vers l’Europe, malgré les tensions sur le marché intérieur, prive les consommateurs marocains d’une offre suffisante.
Par ailleurs, les intempéries qui ont frappé le Royaume ces derniers mois ont provoqué une baisse sensible de la production agricole. La combinaison des deux facteurs crée ainsi une pénurie relative sur le marché local et alimente la hausse des prix. Une situation dénoncée par les consommateurs marocains.
Vers une intervention des pouvoirs publics ?
Face à cette situation, la pression monte sur les gouvernements des trois pays. Les organisations de consommateurs et les citoyens réclament des mesures concrètes. Parmi les pistes évoquées : le plafonnement temporaire des prix, le renforcement des contrôles sur les circuits de distribution et la révision des politiques d’exportation en période de tension sur l’offre intérieure.


