Dénouement de l’affaire du livre saisi «Identités rebelles » : la librairie des Beaux-Arts rouvre ses portes

6 min de lecture

Dénouement de l’affaire du livre saisi « Identités rebelles, repenser sa propre histoire » de la sociologue Fatma Oussedik dont l’interdiction a suscité un tollé sur les réseaux sociaux: la librairie des Beaux-Arts, initialement fermée pour un mois pour avoir abrité la vente-dédicace empêchée samedi dernier, a été rouverte au public ce mardi, a annoncé l’éditeur Koukou Éditions. Dans son communiqué, la maison d’édition se félicite de cette évolution :

« Koukou Éditions se réjouit de la réouverture, ce matin, de la Librairie des Beaux-Arts. L’erreur typographique de l’ISBN sur la couverture de l’ouvrage “Les identités rebelles” a été rectifiée dans le nouveau tirage qui sera dans les librairies dès demain(mercredi, ndlr). La formalité du dépôt légal a été effectuée auprès de la Bibliothèque nationale. »

Koukou Éditions répond aux accusations

Contrairement aux allégations de la Bibliothèque nationale, qui avait évoqué la veille  l’absence de dépôt légal, dans une tentative de justification des péripéties qui ont entouré l’interdiction du livre par les policiers qui ont investi la libraire des “Beaux Arts”, en affirmant que l’ouvrage ne disposait pas d’ISBN, Koukou Éditions apporte une série de précisions.

L’éditeur affirme d’abord que le dépôt légal n’a pas été ignoré mais simplement différé :

« Les premiers exemplaires du livre ont été récupérés de l’imprimerie dans l’après-midi de jeudi 16 avril, avec l’intention d’accomplir les formalités du dépôt légal dès dimanche, premier jour ouvrable de la semaine. »

Concernant l’ISBN, point central de la polémique, Koukou Éditions conteste fermement la version de la BN:

« Contrairement aux allégations de la Bibliothèque nationale, l’ouvrage de Fatma Oussedik a bien obtenu son ISBN, validé par les services du dépôt légal le 24 juillet 2025, sous le N° 978-9931-315-80-3. »

L’éditeur reconnaît toutefois une erreur matérielle :

« Le premier lot de 100 exemplaires imprimés a été affecté par une erreur d’infographie (…) celui de la couverture a été malencontreusement repris du précédent ouvrage (…) Cette erreur typographique a été identifiée postérieurement à l’impression. »

Et l’erreur a été signalée, selon lui, aux autorités dès le départ :

« Nous avons adressé au ministère de la Culture, dès jeudi soir, le pdf du livre et de la couverture, en signalant cette erreur (…) et en nous engageant à la corriger sur les tirages ultérieurs». Dès lors, l’éditeur rejette toute accusation d’irrégularité :

« L’allégation selon laquelle l’ouvrage “Les identités rebelles” aurait été publié en dehors du cadre réglementaire, avec un faux ISBN, est donc une contre-vérité. »

Un communiqué critique mais ouvert à l’apaisement

Dans un texte particulièrement critique, Koukou Éditions dénonce une opération « insolite » et fustige la gestion de l’affaire :

« Nous avons eu droit aux circonvolutions laborieuses de la Bibliothèque nationale, pour assurer le service après-vente d’un scandale qui a secoué l’opinion publique. »

Tout en appelant à dépasser les tensions, l’éditeur se dit favorable à un traitement apaisé du dossier : « Après un tir groupé sur les réseaux sociaux contre l’ouvrage, son auteure et sa maison d’édition accusés « de fomenter le séparatisme, d’attenter à l’unité nationale et de pousser à des affrontements communautaires », le communiqué de la Bibliothèque nationale, malgré ses approximations, a ramené le problème à sa dimension administrative et réglementaire. Sur le terrain de la légalité, Koukou Éditions, qui a toujours invoqué le respect des lois de la république face à l’arbitraire, ne peut que souscrire au choix d’un terrain dépassionné pour aplanir les malentendus, loin des scénarios complotistes»

Vers la fin de la polémique ?

Après trois  jours de controverse, marqués par la fermeture de la librairie et l’interdiction de la vente-dédicace, l’éditeur espère tourner la page de ce qu’il qualifie de « crise artificielle ».

« Après le dénouement d’une crise artificielle qui aurait pu être évitée par le dialogue, KOUKOU Éditions tient à exprimer sa gratitude à toutes celles et tous ceux qui ont œuvré pour faire entendre la voix de la raison »

Reste, selon lui, à réparer les conséquences de cet épisode :

« Il reste à rétablir la professeure Fatma Oussedik dans son droit à rencontrer ses lecteurs et présenter son ouvrage. »

En attendant, Koukou Éditions espère que cette affaire ne restera qu’un fâcheux malentendu, dans un contexte où la question des libertés culturelles et de la régulation du secteur du livre continue de susciter un vif débat.

ÉTIQUETTES :
Partager cet article