La direction de la maison d’édition Koukou est revenue, dans un communiqué rendu public aujourd’hui, sur les conditions d’interdiction de la vente dédicace et de la saisie de l’ouvrage intitulé “Les identités rebelles / Repenser sa propre histoire”.
« Un pas de plus vient d’être franchi dans les atteintes aux libertés académiques, à la recherche scientifique et aux droits des citoyens à la culture », dénonce le communiqué, ajoutant que : « Samedi 18 avril, à 16 h 40, la police est intervenue à la librairie des Beaux-Arts, située au 28, rue Didouche Mourad, à Alger-Centre, pour saisir le dernier ouvrage de la sociologue Fatma Oussedik et fermer l’établissement pour un mois. »
Mais avant cette intervention, la librairie des Beaux-Arts a été « le théâtre d’un défilé insolite », explique le communiqué. Policiers en civil, fonctionnaires des impôts, de la Direction du Commerce et du ministère de la Culture se sont relayés pour une même injonction : « annuler la présentation-dédicace programmée, ou s’exposer à la fermeture de l’établissement ».
Samedi dans la matinée, les mêmes fonctionnaires sont revenus à la charge pour faire pression sur les gérants de la librairie, affirment les éditions Koukou, qui a soutenu la décision du libraire de reporter la rencontre avec Mme Fatma Oussedik, “en attendant de voir plus clair ” et pour ne pas compromettre la survie d’un espace résiduel de culture.
La maison d’édition, qui a tant souffert des interdictions de ses activités, affirme refuser de se laisser entraîner dans des spéculations « qui risquent d’alimenter les fantasmes des manipulateurs de l’ombre ». Cependant, elle s’interroge sur « les objectifs des commanditaires d’une opération aussi incompréhensible qu’illégale ».
Par ailleurs, Koukou Éditions interpelle les intellectuels : « Face à ces pratiques délinquantes, la responsabilité des intellectuels algériens est engagée en première ligne », conclut-elle.


