L’américain JH Biotech vise le Sahara algérien avec ses fertilisants biologiques (Vidéo)

Après trois décennies d'intrants chimiques, les sols algériens sont abîmés. La société californienne JH Biotech y voit un marché. Son directeur pour la région MENA, Amar Sarkis, détaille à Maghreb Émergent sa stratégie : partenariats locaux, cap sur le Sahara et promesse de milliards de dollars de gains de rendement.

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Amar Sarkis, directeur général de JH Biotech pour la région MENA, lors de son entretien avec Maghreb Émergent. © Maghreb Émergent

Des alternatives naturelles face au « choc » chimique : pour pallier les difficultés rencontrées par les agriculteurs algériens, la société californienne JH Biotech, fondée en 1987, déploie un arsenal de solutions écologiques.

Dans cet entretien accordé à Maghreb Émergent, le directeur général de la compagnie pour la région MENA, M. Amar Sarkis, explique que leur offre repose principalement sur « des produits microbiens, ou ce qu’on appelle les fertilisants biologiques », ainsi que sur des « minéraux naturels » et des « produits à base d’huile essentielle ».

Ces innovations arrivent sur le marché pour contrer une urgence environnementale. Selon M. Sarkis, l’agriculture algérienne, autrefois traditionnelle, a subi « un choc avec l’introduction d’un très grand nombre […] de matières chimiques dans les 20, 30 dernières années ». Cette transition rapide a entraîné de lourdes conséquences, notamment « la dégradation du sol, l’usage excessif des engrais chimiques […], ce qui crée une chaîne alimentaire très polluée », affectant directement la santé humaine.

Une implantation stratégique anti-« cannibalisme commercial »

Afin de distribuer ses produits, l’entreprise américaine écarte l’idée de s’installer seule ou de vendre directement aux agriculteurs. Elle privilégie des alliances avec des opérateurs commerciaux locaux déjà implantés sur le territoire.

M. Sarkis justifie ce choix par la volonté de « collaborer avec eux sans créer des compétitions et une sorte de cannibalisme commercial entre différents distributeurs ». Les dossiers d’homologation auprès des autorités algériennes sont en cours de préparation pour le mois de septembre, bien que les procédures puissent prendre « des mois, un an ».

Cap sur le Sahara et la souveraineté alimentaire

L’agriculture saharienne représente un marché cible privilégié pour la firme. Le représentant de JH Biotech souligne que les zones « à climat dur, au sol dur, qui est dépourvu de matière organique, c’est là où on peut vraiment aider », en offrant des solutions très efficaces.

Cet intérêt s’inscrit dans la même lignée que le mégaprojet d’élevage « Baladna », prévu à Adrar, avec l’importation de vaches américaines. M. Sarkis salue d’ailleurs cette priorité nationale, qui vise à instaurer « une souveraineté de par toute la chaîne alimentaire, mais peut-être aussi une souveraineté sur tous les fronts ».

Une promesse à « quelques milliards de dollars »

Outre les bénéfices écologiques, l’apport de JH Biotech se chiffre en gains de productivité massifs. M. Sarkis affirme que leurs solutions peuvent générer des « gains de production qui varient de 12 à 13 % sous serre […] jusqu’à 40, 45 % dans des agricultures comme la pomme de terre ou les vignobles ».

En misant sur une hausse moyenne de 20 % des rendements agricoles, le représentant conclut que ce partenariat « pourrait amener éventuellement quelques milliards de dollars » supplémentaires à l’économie algérienne, sous réserve d’un accès élargi aux producteurs.

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