Pétrole : l’AIE relève légèrement sa prévision de demande pour 2026, la reprise « en cours »

L'Agence internationale de l'énergie révise à la hausse sa projection de demande mondiale de pétrole pour 2026, estimant qu'une « reprise de la demande » est engagée depuis le point bas de mai.

Maghreb Emergent
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Fatih Birol, Directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). (Photo: compte X)

Dans son rapport mensuel publié vendredi 10 juillet, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) table sur un recul de la demande mondiale de pétrole de 1 million de barils par jour en 2026, contre 1,1 million anticipé à la mi-juin. L’organisation, créée en 1974 après le premier choc pétrolier avec pour mission d’assurer la sécurité énergétique de ses membres, y voit le signe d’une « reprise de la demande » amorcée après le creux enregistré en mai.

L’offre mondiale a elle aussi « rebondi », portée par la réouverture partielle du transit dans le détroit d’Ormuz après le cessez-le-feu du 17 juin. Elle a atteint 98,8 millions de barils par jour sur le mois de juin, un niveau qui demeure « environ 9,4 mb/j en dessous des niveaux d’avant-guerre ». Pour l’ensemble de 2026, l’agence retient une moyenne de 102,6 mb/j, « sous réserve d’une désescalade rapide des nouvelles hostilités ».

La réserve n’est pas de style. Le trafic dans le détroit a de nouveau nettement ralenti ces derniers jours, en particulier sur la route maritime omanaise soutenue par les Nations unies, après les attaques ayant visé plusieurs navires et la reprise des échanges de frappes entre l’Iran et les États-Unis. Maghreb Émergent décrivait cette semaine un marché suspendu aux annonces de Washington plus qu’aux flux physiques.

Des stocks mondiaux en hausse

Les stocks pétroliers mondiaux ont augmenté de 21 millions de barils en juin, une première depuis le déclenchement de la guerre dans le Golfe fin février. L’agence l’attribue à l’accroissement des volumes de brut en transit sur les mers, davantage qu’à un reflux de la consommation.

Le mouvement reste inégal selon les zones. Les stocks des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont encore diminué de 62 millions de barils sur le même mois, un rythme de prélèvement que l’AIE s’attend à voir « se modérer davantage en juillet et au-delà ». Hors OCDE, les stocks de brut se sont contractés de 37 millions de barils, tirés par un « important prélèvement de 41 millions de barils sur les stocks terrestres de brut en Chine », dont les importations demeurent à des niveaux historiquement bas.

Le poids de la Chine dans cette équation n’a rien d’accessoire. Premier importateur mondial de brut, le pays recevait avant la crise près d’un tiers de ses approvisionnements par Ormuz, ce qui l’a conduit à réorienter ses achats vers des fournisseurs alternatifs, dont l’Algérie, dont les barils quittent Arzew et Bethioua sans emprunter le détroit. L’OPEP défendait de son côté en juin la solidité de la trajectoire de demande, malgré la fermeture du passage et le retrait des Émirats arabes unis du cartel.

Un brut en recul, des produits raffinés sous tension

Les marges de raffinage ont atteint en juillet leur plus haut niveau depuis quatre ans. L’agence lie ce mouvement à la reconstitution des volumes de brut disponibles, qui a « entraîné une forte baisse des prix du pétrole », alors que les marchés de produits raffinés demeuraient « tendus ».

L’écart entre le brut et les produits finis traduit une chaîne logistique encore désorganisée par cinq mois de conflit. Les cargaisons circulent, les capacités de raffinage régionales et les circuits de distribution suivent plus lentement. L’économiste Mohammed Bessaha avait alerté dès mars sur la formation d’une prime géopolitique déconnectée des équilibres réels entre l’offre et la demande.

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