Le Crédit populaire d’Algérie (CPA) lancera, à partir de juin 2026, une nouvelle gamme de produits de finance islamique destinée aux investisseurs, avec des durées de remboursement pouvant aller jusqu’à quinze ans pour les projets hôteliers, industriels et immobiliers de grande envergure. L’annonce a été faite par Sofiane Mezari, responsable du département de la finance islamique de la banque publique, dans un entretien accordé au quotidien arabophone Echorouk.
L’offre cible explicitement les besoins en capitaux longs des opérateurs économiques engagés dans des projets structurants : hôtels, unités de production, sièges administratifs et commerciaux, complexes industriels. Pour ce segment, la banque s’engage sur un financement immobilier d’investissement étalé sur quinze ans, une durée jusqu’ici peu courante dans la fenêtre charia-compatible algérienne. Le financement des équipements et du matériel roulant- équipements de production, camions, matériel agricole-sera quant à lui calibré sur cinq à sept ans.
Le responsable du département a également annoncé pour juin le lancement d’un produit baptisé « escompte à terme », réservé aux clients de l’établissement. Le mécanisme doit permettre à une entreprise d’obtenir par anticipation la liquidité correspondant à des créances à recouvrer, afin de préserver sa trésorerie sans attendre les délais de paiement.
Une fenêtre islamique en montée en charge
Les chiffres communiqués par Sofiane Mezari traduisent la montée en puissance du segment au sein de la banque. Les dépôts atteignent environ 70 milliards de dinars, pour près de 35 milliards de financements accordés et quelque 110 000 comptes ouverts. À fin novembre 2024, la fenêtre islamique du CPA totalisait 47 milliards de dinars d’épargne pour environ 70 000 comptes, selon les chiffres publiés à l’époque par Algeria Invest. La progression est donc nette sur dix-huit mois, et confirme l’accélération déjà observée en début d’année avec le lancement par le CPA d’une mourabaha d’approvisionnement à moins de 8 %, destinée aux matières premières industrielles.
L’immobilier capte aujourd’hui plus de la moitié du portefeuille de financements islamiques de la banque, sous l’effet d’une demande soutenue et de conditions tarifaires que l’établissement présente comme compétitives. Le financement à la consommation reste actif, mais c’est bien le segment de l’investissement réel, où le CPA veut accompagner les entreprises moyennes et grandes du lancement à l’exploitation, que la nouvelle gamme entend renforcer.


