Le GNL américain a dépassé le gaz algérien sur le marché espagnol pour le quatrième mois consécutif. Selon le dernier bulletin statistique d’Enagás, les États-Unis ont fourni 11 938 GWh à l’Espagne en mars 2026, soit 31,7 % de l’approvisionnement national, contre 11 373 GWh pour l’Algérie tous flux confondus (30,2 %). Sur le premier trimestre, l’écart se creuse : 36,6 % pour le GNL américain (37 809 GWh) contre 29,6 % pour le gaz algérien (30 616 GWh).
Les chiffres d’avril 2026, publiés cette semaine, confirment la trajectoire. Les États-Unis ont livré 10 071 GWh (35,1 %) contre 9 787 GWh pour l’Algérie (34,1 %), tous acheminés via le tube Medgaz à plein régime.
Le prix moyen du GNL américain est passé de 25,57 €/MWh en novembre 2025 à 31,24 €/MWh en février 2026, une hausse de 22,2 % en trois mois, sous l’effet de la prime de risque géopolitique et de la concurrence asiatique sur les cargaisons spot. Madrid paye plus cher pour du gaz qui vient de plus loin, et continue d’en acheter davantage.
Une stagnation algérienne face à un GNL américain en hausse de 83 %
La bascule n’a rien d’un épisode passager. Les volumes américains expédiés vers l’Espagne sont passés de 41,5 TWh en 2024 à 76,2 TWh en 2025, une progression de 83 %. L’accord-cadre transatlantique signé entre l’Union européenne et l’administration Trump le 27 juillet 2025 a verrouillé la mécanique en simplifiant l’accès du GNL américain au marché européen contre des engagements d’importation.
Pour l’Algérie, la position de premier fournisseur cumulé sur les douze derniers mois glissants tient encore (33,8 % des entrées espagnoles), mais s’érode. La production nationale de gaz a reculé pour la troisième année consécutive en 2025, à 101,84 milliards de mètres cubes contre 104,5 milliards en 2024, pendant que la consommation intérieure progressait, portée par un secteur électrique alimenté à 99 % au gaz.

