Tizi Ouzou : le recul des zones d’activités freine les investisseurs

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Le constat inquiète de plus en plus les acteurs économiques à Tizi Ouzou. En l’espace de trois décennies, plusieurs zones d’activité ont disparu ou perdu leur vocation industrielle dans la wilaya. Entre manque de foncier, absence de suivi et dégradation des infrastructures, de nombreux projets d’investissement restent aujourd’hui bloqués.

Invitée sur les ondes de Radio Tizi Ouzou, la professeure Akkache Maacha Dehbia a dressé un tableau préoccupant de la situation à la veille du séminaire national prévu ce mercredi 13 mai 2026 à l’université Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

« Les zones d’activités doivent être un moteur de développement et de création d’emplois », a-t-elle rappelé. Mais sur le terrain, plusieurs espaces ont progressivement perdu leur rôle économique.

Tizi Ouzou est passée de 25 à 18 zones d’activité

La professeure est revenue sur une donnée jugée révélatrice de la crise actuelle : la baisse du nombre de zones d’activité dans la wilaya.

« En 1992, la wilaya comptait 25 zones d’activité. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 18 », a-t-elle expliqué.

Selon elle, certaines zones ont disparu tandis que d’autres ne remplissent plus leur fonction industrielle initiale. Cette situation reflète les difficultés accumulées depuis plusieurs années autour du foncier économique.

Le manque de terrains aménagés continue notamment de freiner les investisseurs. Plusieurs opérateurs économiques se heurtent encore à des obstacles administratifs et à l’absence de nouvelles assiettes foncières destinées à l’investissement.

Face à cette situation, la wilaya envisage désormais la création de micro-zones d’activité afin d’offrir de nouveaux espaces aux petites entreprises et aux porteurs de projets locaux.

« Ces micro-zones pourraient ouvrir des perspectives pour les initiatives locales et favoriser la création d’emplois », a expliqué la professeure.

« Certaines zones sont devenues de véritables décharges »

Au-delà du manque de foncier, plusieurs zones d’activité souffrent aujourd’hui d’un important état de dégradation.

La zone d’activité de Tizi Ghenif a notamment été citée comme exemple marquant. « La zone d’activité de Tizi Ghenif est devenue une véritable décharge », a regretté Akkache Maacha Dehbia. Selon elle, cette situation résulte directement de « l’absence de contrôle et de suivi ».

D’autres espaces ont carrément perdu leur vocation industrielle. À Mekla, certaines zones ont progressivement été transformées en espaces d’habitation.

Pour la présidente du séminaire, ces transformations illustrent les limites de la gestion actuelle du foncier industriel dans la wilaya.

Elle a également évoqué le cas de la zone de Tala Athmane, où plusieurs entreprises cherchent à se développer sans pouvoir obtenir d’extension.

« Il y a des opérateurs qui travaillent très bien mais ils ont besoin d’espace supplémentaire », a-t-elle affirmé. « Malheureusement, cela reste impossible aujourd’hui faute de foncier disponible. ». Cette situation ralentit directement le développement des entreprises locales et limite les capacités de création d’emplois dans la région.

13 milliards de dinars pour réhabiliter les zones d’activité

Pour tenter de redresser la situation, une enveloppe de 13 milliards de dinars a été mobilisée afin de réhabiliter plusieurs zones d’activités de la wilaya.

Selon la professeure, ce financement doit permettre d’améliorer les infrastructures et les conditions d’accueil des investisseurs après plusieurs années de dégradation.

Mais pour de nombreux opérateurs économiques, la question du contrôle reste essentielle. Sans mécanismes de gestion rigoureux, les mêmes dysfonctionnements risquent de se reproduire.

Akkache Maacha Dehbia insiste également sur la nécessité de protéger durablement le foncier industriel existant. « Ces espaces doivent rester destinés à la production et à l’investissement », a-t-elle martelé.

Un séminaire pour tenter de relancer les zones économiques

Le séminaire prévu ce mercredi à l’université Hesnaoua intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’investissement local.

Universitaires, investisseurs et acteurs économiques doivent débattre des solutions susceptibles de sortir les zones d’activité de la paralysie qui touche plusieurs espaces depuis des années.

Les discussions porteront notamment sur la réhabilitation des zones dégradées, la création de micro-zones d’activité et les mécanismes de contrôle nécessaires pour préserver le foncier industriel.

« L’objectif est de réfléchir ensemble à des solutions concrètes pour relancer ces espaces », a conclu la professeure.

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