Le CPP emboîte un torrent de scandales dans un mélodrame de 52 minutes (audio-vidéo)

Le CPP emboîte un torrent de scandales dans un mélodrame de 52 minutes (audio-vidéo)

Bouteflika va-t-il sacrifier un de ses proches ? Si oui, lequel ? L’actualité mouvementée de la semaine des scandales est décortiquée par le CPP de Radio M, et des esquisses de réponses se profilent.

« On a le sentiment que cela ne s’arrêtera jamais », a soupiré Abed Charef, d’entrée au sujet de la succession des affaires qui frappent le gouvernement algérien. Les questions graves des affaires ont été abordées avec humour en cette matinée radiophonique. Chawki Amari, un des invités de l’émission « Café presse politique » de Radio M du 7 avril 2016, raconte qu’il lui a été certainement plus difficile d’ouvrir un compte bancaire à la poste de Meissonnier pour payer ses factures d’électricité par prélèvement direct, que ça ne l’a été pour Bouchouareb d’ouvrir un compte à Panama ! Tandis que l’enterrement de feu Mohamed Saïd Mazouzi est l’occasion pour comparer, avec beaucoup de nostalgie, la tenue morale des ministres des vingt premières années après l’indépendance avec ceux d’aujourd’hui.

Bouchouareb a au moins un problème avec sa déclaration de patrimoine

Le CPP a commencé par pointer les faits qui accablent le ministre de l’industrie et des mines, Abdeslam Bouchouareb cité dans l’immense affaire des Panama Papers pour sa société off-shore au capital de 700 000 euros. « Les a-t-il mentionné dans sa déclaration de patrimoine ? ».
Le scandale Panama Papers est survenu dans la même semaine que l’affaire Unaoil. Saïd Djaafer nous rappelle quelques chiffres qui gravitent autour des activités de cette boite basée à Monaco. Selon l’investigation du journal australien The Age et du Huffington Post US, Unaoil a empoché 16 millions d’euros, pour faire gagner deux marchés en Algérie à Hyundai et à Samsung en versant des pots de vins à des responsables de Sonatrach en 2008 et 2009, lorsque Chakib Khelil était patron du secteur de l’énergie. Ce sont des nouveaux faits de corruption qui s’ajoute à l’affaire Saipem qui a éclaboussé en 2011 l’ancien ministre de l’énergie et des mines, de retour en Algérie ce mois de mars.

Le CPP s’est penché aussi sur la ligne de défense des personnes incriminés dans ces affaires. Il s’agirait de lobbying légal. Sauf que Farid Bedjaoui, le neveu e l’ancien ministre des affaires étrangères algérien, a touché 197 millions de dollars correspondant à 3% des contrats obtenus par Saipem avec Sonatrach, sans jamais faire son lobbying en Algérie ni jamais rencontrer Mohamed Meziane le patron de Sonatrach. L’autorité qui lui a permis de faire gagner Saipem et avec laquelle il avait des rendez vous à l’étranger en présence des italiens est Chakib Khelil, le ministre vrai patron de Sonatrach.

« Ils vont se serrer les coudes ! »

Les révélations sur Bouchouareb viennent apparemment gâcher la réhabilitation de Khelil. Mais le président Bouteflika a-t-il conscience des dégâts provoqués par cette accumulation d’affaires ? Le CPP a polémiqué sur les suites de ces scandales. Le président va-t-il lâcher Bouchoureb et Khelil ou au moins le premier, « maillon faible » selon Abed Charef. Divergence sur la réponse. « C’est peut être Ouyahia qui sera sacrifié », selon Abed Charef, faisant dans le décalage un peu ironique. Plus sérieusement Said Djaafer estime que dans le contexte « Bouchouareb est sacrifiable » tandis que Abed Charef pronostique que c’est la solidarité du clan qui va jouer en premier « ils vont se serrer les coudes ». Bouteflika ne se séparerait donc pas de Abdeslam Bouchouareb. Pour El Kadi Ihsane, la réaction du président dépendra de sa perception du risque que lui fait courir à court terme la protection de Khelil et de Bouchouareb. « Or il n’a pas idée de la dévastation que provoque ces affaires dans le pays ». Pour Abed Charef, pour autant « il n’existe pas d’opinion publique en Algérie ». Ce qui fait dire à Said Djaafer qu’avec cette « destruction des institutions en cours » nous ne sommes toujours pas sortie de la situation du début des années 90 lorsque feu le ministre Aboubark Belkaid disait « le FIS est une mauvaise réponse à un vrai problème ».

 

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